Média 100% indépendant, en accès libre, sans publicité, financé par ses 992 donatrices et donateurs ce mois-ci !

Faire un don
Scénariste: Arnaud Le Gouëfflec & dessinateur: Nicolas Moog

Vivre libre ou mourir. La folle utopie du rock alternatif des 80’s

1981-1989, une tornade s’abat sur la France mitterrandienne. Un cyclone fait d’énergie, de DIY, de turbulences sociales, de guitares, de chants, de cris, et même d’hymnes. Celles et ceux qui l’ont vécu, ce maëlstrom, n’en sont pas sortis tout à fait indemnes. Ces jours-ci sort le long travail d’enquête d’Arnaud Le Gouëfflec (il a retrouvé les Bérus, les Wampas, la Mano, Métal urbain, New Rose, Despentes, tant d’autres), magnifiquement mis en images par le dessinateur Nicolas Moog.
Merci!

Article en accés libre grâce aux donatrices & donateurs.
Je donne pour

Soutenir un site 100% autonome
Renforcer le débat public sur les libertés publiques
Bénéficier de 66% de réduction d'impôt

Et je ferai un don plus tard (promis!)

Sans médias indépendants, pas de riposte.

Libertés publiques, politique, cinéma, Histoire, littérature & contre-filatures. #AuPoste invite chercheur·es, écrivain·es, philosophes, sociologues, avocat·es, punks et punkettes, cinéastes, artistes et hacktivistes, écoterroristes, féministes.

Crée en 2021, #AuPoste pose un regard critique sur le monde, puisant dans l'histoire, les sciences sociales, les actions et réflexions engagées. L'émission traque les coups de boutoir fait, comme jamais depuis 50 ans, aux libertés individuelles et fondamentales. Vigie autant qu'aiguillon, #AuPoste nourrit le débat public sur les libertés publiques. En nous aidant, vous le renforcez à votre tour.

#AuPoste n’a ni propriétaire milliardaire ni actionnaires. Sans publicité, sans intérêt financier, vos seuls dons sont notre seul rempart. Aucune force commerciale ni politique n'a d'influence sur notre travail.
Chaque contribution compte, même modique. A prix libre, chacun contribue à la hauteur de ses moyens, et de ses besoins (et anonymement, si souhaité). Les dons récurrents sont le moyen idéal pour nous nous permettre de pérenniser notre travail de fond. Chaque année, nous publions un bilan complet.

Chaque don contribue à maintenir nos contenus disponibles / par tout le monde / à tout instant et partageables. Nos enquêtes, nos émissions, nos podcasts: tout est en gratuit. Mais coûteux à produire.

Déductions fiscales

Je fais un don #AuPoste et, si je le souhaite, je deviens un Bernard Arnault de la contre-information:

Je suis un particulier: je bénéficie d'une réduction d'impôt à hauteur de 66%. Ainsi un don de 100€ me revient à 34€.

Mon reçu fiscal m'est directement envoyé par J'aime l'info, l’organisme d’intérêt général, qui collecte les dons pour #AuPoste.

Mes nom et adresse ne seront jamais divulgués. Les dons se font de manière entièrement privée. A tout moment, je peux suspendre, annuler ou ajuster mes dons.


A quoi servent vos dons

Préparation et animation des émissions, salaires (journalistes, modératrices, développeurs), locaux et frais courants, graphistes, supports techniques, matériel (tournage, montage), abonnements-soutiens à la presse indépendante.

Toutes les infos dans DONS, et dans le bilan complet 2023 #AuPoste.

La causerie en quelques mots

Après une première convocation, en mai 2021, pour Underground (Glénat, 2021), leur bible en BD de la musique indé, Arnaud Le Gouëfflec, scénariste, et Nicolas Moog, dessinateur, sont de retour Au Poste. Avec Vivre Libre ou Mourir (Glénat, 2024), ils explorent cette fois les années 80 sous le prisme du mouvement punk français, du rock alternatif, qui souffle à cette époque un vent de créativité musicale contestataire sans précédent, une tempête, un élan de vie et de liberté au cœur de la parenthèse libérale ouverte par Mitterrand.

Punk et rock alternatifs en France, vous avez découvert ça avec des cassettes de Bérurier Noir et 40 ans plus tard vous vous êtes dit qu’il y a un filon, ces gens-là sont tous devenus des cadres, ils ont du pognon, ils vont acheter une BD qui raconte leur jeunesse. Est-ce que c’est bien l’esprit de la BD ?

    Non ! Comment on peut dire ça ? On était fasciné quand on était jeune, ça nous est passé à côté un peu comme une sorte de comète, on va dire.

      David Dufresne puis Arnaud Le Gouëfflec

      Sous le ciel étoilé de leurs souvenirs d’ados, dans lesquels on s’échangeait de subversives cassettes, sous le manteau, dans les cours de lycée, les auteurs ont remonté le temps. Ils ont mené l’enquête, et ont retrouvé les survivants. Ainsi, dans un récit choral, Nina (Lucrate Milk), Loran, Masto, François et les Titis (Bérurier Noir), Karim (Ludwig von 88), Spi (OTH), Marsu, Catherine Le Maire, Kid Loco et David Dufresne (Bondage Records), Virginie Despentes, Didier Wampas, ou encore Géant Vert (Parabellum), et bien d’autres, nous racontent à l’unisson l’histoire de cette période, sans nostalgie, ni remords, ni regrets – ni dieu, ni maître -, et dont le moteur était l’éthique.

      Or, comme le souligne Marsu, manager des Bérus, au début du livre :  «Ce n’est pas facile d’illustrer la notion d’éthique ». Tout comme il est ardu de définir ce que c’est, le punk, le rock alternatif, d’en démêler les souvenirs parfois un peu irréels de l’image médiatique et populaire, pour aller au-delà des étiquettes.

      C’est un peu comme la poésie, le punk. C’est-à-dire que, dès qu’on essaie de définir le mot, le concept s’emballe et échappe à la définition, c’est pas figé.

      Arnaud Le Gouëfflec

      Pour faire face à ces difficultés, Arnaud Le Gouëfflec et Nicolas Moog ont conçu Vivre libre ou mourir comme une bande dessinée documentaire, recueil de témoignages des acteurs de l’époque, où l’Histoire naît de la confrontation des points de vue. Et cette chronique sociopolitique nous embarque alors depuis l’élection de Mitterrand en 1981, dans cette épopée du punk eighties : les premières années de flottement, face à la gauche au pouvoir, où l’on se demande s’il faut encore se révolter ; le regain d’énergie en 1983, au tournant de l’austérité ; le développement des squats, la recherche de l’autonomie ; la création des labels indépendants … Et ce, jusqu’aux derniers concerts des Bérus, coïncidant au jour prêt, à la chute du mur de Berlin.

      Là, je vais me faire l’avocat du diable. Il y a presque un côté entrepreneurial dans tout ça. C’est-à-dire que : qu’est-ce qui différencie finalement un Marsu d’un Bernard Tapie ? Dans le sens où il y a une entreprise…

      L’éthique, tout simplement. Dans ce mouvement punk, il y avait l’idée que ce n’est pas entrepreneurial, c’est un dynamisme. Prendre les choses en main pour ne pas les déléguer à d’autres qui vont faire n’importe quoi. Monter le label, monter le fanzine, faire les choses, le Do It Yourself. Ce n’est pas un gros mot. Mais la différence, c’est que ce n’est pas dans le but de faire du profit. C’est dans le but de créer quelque chose, et de rendre les choses possibles, et d’acquérir de la liberté. Ça ressemble, mais ce n’est pas du tout la même chose.

      David Dufresne puis Arnaud Le Gouëfflec

      On voit alors que ce mouvement est celui d’une prise de conscience progressive de son engagement politique intrinsèque, qui va embrasser toutes les luttes : lutte des classes, luttes contre les discriminations, anti-racisme, anti-militarisme, anti-fascisme, féminisme (même s’il faut noter que ce milieu était essentiellement masculin), etc …

      Aujourd’hui, nombres des acteurs de la scène de l’époque sont encore en activité, ayant monté ou rejoint d’autres groupes. En 2021, Les Bérus ont déposé leurs archives aux fonds du département musique de la BNF. Ces archives ont donné lieu à une exposition : Dans les archives de Fanxoa et Masto de Bérurier Noir, du 27 février 2024 au 28 avril 2024, à la BNF.

      Les punks à la BNF, ils se sont bien embourgeoisés, qu’est-ce que vous répondez à ça ?

      Je sais que Loran Bérus, il n’est pas très favorable à ça. Et en même temps, moi, je trouve que c’est bien. Enfin, à titre personnel – chacun a son point de vue – mais parce que ça permet à ces archives de ne pas disparaître et d’être stockées quelque part. Et je pense qu’à un moment, les archives finissent par partir en fumée si on ne les met pas en lieu sûr, on va dire. Et puis la BNF, ça nous appartient à tous, c’est un fond culturel.

      SentierBattant dans le tchat puis Arnaud Le Gouëfflec

      Trois questions clés

      Qui est Arnaud Le Gouëfflec ?

      Arnaud Le Gouëfflec est romancier, scénariste de bande dessinée, auteur de chansons et musicien. Il est le scénariste de Vivre libre ou mourir, Punk et Rock Alternatif en France, 1981 – 1989 (Glénat, 2024). Il avait déjà travaillé avec Nicolas Moog pour Underground (Glénat, 2021).

      Qui est Nicolas Moog ?

      Nicolas Moog est musicien, auteur et dessinateur de bande dessinée. Il est le dessinateur de Vivre libre ou mourir, Punk et Rock Alternatif en France, 1981 – 1989 (Glénat, 2024). Il avait déjà travaillé avec Arnaud Le Gouëfflec pour Underground (Glénat, 2021).

      De quoi parle Vivre libre ou mourir (Glénat, 2024) ? 

      C’est une bande-dessinée documentaire. Elle retrace, en un récit choral, l’histoire des groupes de musiques français des années 80 s’inscrivant dans le mouvement punk, qu’on appelle aussi, pour cette période, le rock alternatif.

      Cap sur les 1000 donateur·rice·s !
      Faire un don
      Total
      0
      Share