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Violences policières quand l’ordre déborde – Fête de l’Huma 2023

Débat avec Avec Joëlle Bordet, membre du comité national LDH, chercheuse et psychosociologue, Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police, Thibaut Spriet, secrétaire national du syndicat de la magistrature, Nathalie Tehio, avocate et David Dufresne, fondateur du média Au Poste

Sur la scène de l’Agora, Joëlle Bordet, membre du comité national LDH, est la première à s’exprimer. Intervenant régulièrement auprès des jeunes des quartiers populaires, la chercheuse livre un témoignage fort sur la détresse, la défiance, la paupérisation de la jeunesse «post-coloniale» et «post-ouvrière», livrée à un projet de “dressage” par le gouvernement (citant le contrat républicain, la loi séparatisme, le SNU comme outils de ce projet). 

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La causerie en quelques mots


Il est important, explique Joëlle Bordet, d’inscrire la répression policière qui les touche dans un continuum de violence raciste et sociale qui s’exprime aussi dans une violence judiciaire, par exemple dans la punition des parents, jusqu’à faire pression sur leurs bailleurs sociaux pour les expulser de leur logement.

Rejoignant Joëlle Bordet, l’avocate Nathalie Tehio, également de la LDH,  met en garde à son tour : qu’on ne s’y trompe pas, la loi immigration de Darmanin permettrait davantage de contrôle d’identité au faciès, avec toujours dans le viseur les mêmes populations. Rappelant l’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles actuelles, elle pose un constat :


«Ce sont toujours les mêmes qui sont touchés».

Nathalie Tehio, avocate

David Dufresne quant à lui, rappelle que la doctrine répressive dans les quartiers populaires se retrouve toujours injectée ensuite  dans des opérations de maintien de l’ordre social (manifestations, etc), marquées par une intervention grandissante d’unités absolument pas formées au maintien de l’ordre (GIGN, BRI, RAID, BRAV-M), et par une “bacisation” – des interventions non-encadrées, dans une « disproportion absolument folle ».

Ses propos trouvent écho auprès d’Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police, avec un constat clair : « une police au service des citoyens en France, ça n’existe pas (…) elle est au service du gouvernement ». Le syndicaliste insiste sur la dégradation de l’institution, entre « une police de proximité qui appartient au passé, une embauche à la baisse, des formations trop courtes et fragiles », mais aussi sur la dérive sémantique – une police qui n’est plus « gardienne de la paix » mais « force de l’ordre », et à qui l’on demande de combattre “l’ennemi de l’intérieur ».

Thibaut Spriet, secrétaire national du Syndicat de la magistrature, pose les difficultés de la justice : si elle ne doit pas se faire le communicant du gouvernement, elle est contrainte de s’appuyer sur le travail de la police. Le magistrat appelle toutefois la justice à dénoncer les mesures illégales – prenant pour exemple les nombreux arrêtés anti-manifestations – pour rester protectrice des libertés. Selon Anthony Caillé, les pistes de changement du côté de la police commencent par sa démilitarisation et sa « débunkarisation » : il faut lui redonner du sens, recréer du lien, cesser la politique du chiffre, réformer l’IGPN, embaucher plus de policiers et renforcer leur statut de lanceur d’alerte.

«L’impunité de la police est quasi totale».

David Dufresne

Joëlle Bordet insiste quant à elle sur la nécessité de travailler localement, avec ces jeunes abandonnés par l’État : «Ils sont en danger. Si on ne peut pas travailler avec les acteurs des quartiers populaires, en politisant leur autodestruction, celle-ci va continuer».

En guise de conclusion, Nathalie Tehio exhorte le public à se rappeler de la victoire citoyenne sur l’article 24 de la loi Sécurité Globale, et à se saisir de ce droit pour filmer les violences: «Ce qui arrive dans les quartiers arrive partout après. Ne nous sentons pas à l’abri» sont les mots de David Dufresne qui résonnent également sur la scène de l’Agora. Etre présent et ne rien céder. L’espoir est permis, la prise de conscience est là, et elle déborde des quartiers, puisque comme le dit Joëlle Bordet, les soulèvements de 2023 sont ceux de « la rencontre des jeunesses».

Le débat, animé par Eugenie Barbezat, a eu lieu à l’Agora, de 11h15 à 12h. En partenariat avec la Ligue des Droits de l’Homme.

Trois questions-clés

Comment lutter contre les violences policières ?

Nathalie Tehio exhorte le public à se rappeler de la victoire citoyenne sur l’article 24 de la loi Sécurité Globale, et à se saisir de ce droit pour filmer les violences.

Qu’est-ce que la “bacisation” de la police ?

C’est l’intervention grandissante d’unités absolument pas formées au maintien de l’ordre (GIGN, BRI, RAID, BRAV-M), des interventions non-encadrées, dans une « disproportion absolument folle ».

Quelle est la politique du gouvernement envers la jeunesse des quartiers populaires ?

La jeunesse des quartiers populaires est livrée à un projet de “dressage” par le gouvernement (le contrat républicain, la loi séparatisme, le SNU…) La répression policière qui les touche s’inscrit dans un continuum de violence raciste et sociale qui s’exprime aussi dans une violence judiciaire, par exemple dans la punition des parents, jusqu’à faire pression sur leurs bailleurs sociaux pour les expulser de leur logement.

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