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Moïra Chappedelaine-Vautier & Olivier Azam CinéMutins Les mutins de Pangée René Vautier

«Quand les femmes ont pris la colère» (René Vautier). Au Poste Ciné Mutins Club #5

À l’occasion de la parution du second volume des films de René Vautier (DVD «Rouge Bretagne»), le cinéaste le plus censuré de France, Les Mutins de Pangée nous font un sacré cadeau: découvrir la version restaurée de Quand les femmes ont pris la colère (du même Vautier et de sa femme Soizik Chappedelaine-Vautier).

Nous sommes en Bretagne, au mitan des années 1970, douze femmes en colère font irruption dans le bureau du patron d’une usine metallurgique. Elles gagnent mais sont poursuivies. Le film raconte leur courage.

Suite à la projection, débat avec Moïra Chappedelaine-Vautier, fille de René Vautier. Elle est aujourd’hui productrice. Et avec l’ami Olivier Azam des Mutins de Pangée.

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La causerie en quelques mots

Encore adolescent quand il rejoint la Résistance, René Vautier entre dans une école de cinéma après la guerre et est envoyé en A.O.F. pour filmer « La vie réelle des paysans ». Il y découvre que la France en Afrique réalise exactement ce contre quoi il s’est battu pendant la guerre, s’écarte de sa mission initiale et tourne à l’âge de 21 ans ce qui deviendra « Afrique 50 »considéré  comme le premier film anti-colonialiste français. Comme l’immense majorité de ses films, la censure aura raison de sa diffusion en salles.

Parfois, les images qu’on rejette de l’époque à laquelle elles sont tournées peuvent rentrer dans le patrimoine cinquante ans plus tard, et devenir un film considéré comme important. […] Restaurer ces images me semble essentiel parce qu’il n’y aurait rien de pire que ces films que l’on a essayé de faire disparaître à leur époque se perdent aujourd’hui.

Moïra Chappedelaine-Vautier

À une époque où produire des images n’est ni techniquement ni économiquement aisé, choisir le sujet que l’on filme est un acte d’engagement. René Vautier amène à l’écran des sujets qui n’auraient « jamais dû l’être », et déploie la palette des outils du cinéaste au service des questions qu’il cherche à poser.

Aujourd’hui, le souci au niveau des images, c’est qu’il y en a beaucoup, sous forme de reportages, mais peu sont nourries d’un point de vue, c’est-à-dire une construction cinématographique, le choix d’un cadre, ce qui est l’essence du documentaire.

Ranik42169 dans le tchat

Moïra Chappedelaine-Vautier, dont l’immense travail de collecte et de restauration des archives de son père nous permet de les voir aujourd’hui, souligne l’importance pour la transmission de ces œuvres de leur matérialité : « Je n’ai pu restaurer ces films que parce qu’ils existent sur un support physique. Je suis persuadée que si René avait tourné ses films dans les années 2000, ils auraient disparu aujourd’hui ». Les échanges entre la salle, le tchat et les intervenants mettent en lumière la fragilité et la volatilité des images d’aujourd’hui, pourtant infiniment plus nombreuses et faciles à produire, mais dont la plupart restent  abruptes  et finissent par se perdre dans les méandres du temps. Alors, c’est peut-être le travail de Vautier, même s’il fut longtemps relégué comme « militant », qui nous montre le plus nettement la puissance de transmission dont est capable le cinéma.

Je ne voudrais pas qu’on résume René Vautier à quelqu’un qui a produit des archives. C’est un cinéaste, avec un regard de cinéaste, une écriture, une originalité, un humour et une ironie assez infernale.

Olivier Azam

NOTRE CINÉ CLUB

Chaque premier jeudi de chaque mois, à la tombée de la nuit, le média autonome Au Poste s’associe avec les francs-tireurs de la plateforme VOD Ciné-Mutins pour des rencontres grand écran à Césure. Un long métrage de cinéma, l’équipe du film, une projection et ensuite : un débat dinatoire retransmis live et en roue libre sur Au Poste. Et en première partie, pour brasser les genres et les gens, un ou deux courts métrages. Prix libre, satisfaction garantie. En partenariat avec La (super) Scop des Sales Gosses.

PROGRAMME

19h – Court métrage Perras del futuro
Perras del futuro de Léa Vivier (28 minutes) plonge dans la vie des collectifs de militantes latino-américaines à Paris. En amont de la marche du 8 mars 2022, à travers des ateliers de création de costumes et de danse, Señora Serpiente, l’une des militantes, prépare son costume dont la symbolique appelle à la libération des femmes.


19h30 – Quand les femmes ont pris la colère
Réalisé par : Soizick Chappedelaine, Rene Vautier
Année de production : 1977
Pays : France
Durée : 75 minutes
Cannes Classics : 2020
Version restaurée disponible dans le coffret intégral consacré au réalisateur

Une usine métallurgique, dépendant du trust Pechiney-Ugine-Külhman à Couëron, Loire-Atlantique, en 1975. Pour marquer leur solidarité avec leurs maris en grève, des femmes de travailleurs envahissent le bureau du directeur et obtiennent en deux heures ce qu’on leur refusait depuis des mois. Mais la direction porte plainte. Et douze d’entre-elles seront inculpées de séquestration. La mobilisation s’élargit alors. Les femmes font appel à l’Unité Production Cinéma Bretagne (UPCB), pour faire un film sur leur lutte. Narrant la courageuse action de solidarité des femmes avec les grévistes de l’usine et l’émergence d’une prise de conscience collective, à la fois féministe et ouvrière, le film se fait aussi une chambre d’écho sensible aux aspirations des douze femmes inculpées.

Quelques mots sur René Vautier

Réalisateur d’Avoir 20 ans dans les Aurès, il est un cinéaste à l’écriture originale, engagée et poétique, portée par un humour chaleureux donnant à son œuvre une place unique et conquise de haute lutte dans l’histoire du cinéma. Il n’a jamais attendu que l’avenir lui donne raison pour choisir son camp ni la permission de filmer ce qu’il voyait, ce qu’il savait, ce qui était vrai.

De la dénonciation du colonialisme aux grèves des mineurs, de la guerre d’Algérie aux années Giscard, de la marée noire aux combats féministes, des luttes sociales aux luttes tout court, René Vautier a braqué sa caméra sur tous les grands combats de la deuxième moitié du vingtième siècle avec l’ambition de mettre l’image et le son à la disposition de ceux à qui les pouvoirs en place les refusent. À partir de 1969, c’est sous l’égide de l’Unité de production cinéma Bretagne (UPCB) qu’il produira et diffusera ce « cinéma d’intervention sociale ». Sa grève de la faim en 1973 fera tomber la censure pour critères politiques dans le cinéma français.


21h – Débat en public
Pour discuter du film et de l’œuvre, immense, de René Vautier, sa fille Moïra Chappedelaine-Vautier sera avec nous, ainsi que l’ami Olivier Azam des Mutins de Pangée.

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