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De Bure à l’A69 : le droit comme levier de la désobéissance légitime

Ils bétonnent nos terres, nous organisons la riposte. Face à plus de 600 projets polluants et imposés en France — autoroutes, bassines, aéroports ou fermes-usines — une autre bataille se joue, moins visible, mais redoutablement efficace : celle du droit.

«Lutter contre les projets imposés et polluants» (Passager clandestin) est un manuel illustré, conçu par le collectif Terres de Luttes, révèle comment la justice peut devenir un levier de résistance. Décryptages, stratégies, jurisprudences, coups bas : le guide donne tous les éléments pour attaquer, bloquer, ralentir. C’est la première convocation pour Joël Domenjoud, militant écologiste de longue date, qui s’est fait connaître par la répression qu’il a subi (assigné à résidence pendant la COP21, en 2015), et militant à Bure, contre le projet d’enfouissement des déchets Nucléaires

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« On a été interdits de se parler, interdits de se voir. Deux ans et demi. Dix amis, dix militants, c’était lourd. Mais on ne s’est pas laissés faire. » Joël Domenjoud, voix posée mais déterminée, raconte ces années de lutte, d’assignation à résidence et de répression judiciaire. On sent que le sujet touche un point sensible chez David Dufresne . Il est l’un des auteurs du manuel juridique illustré édité par le collectif Terres de luttes, un outil aussi utile que joyeux pour résister aux projets imposés et polluants. Tout au long de l’émission, les éclats du tchat et les questions du taulier  viennent titiller le militant, jamais déstabilisé, toujours engagé.

Le bouquin, sorti fin mars, n’est pas qu’un guide pratique : c’est une boîte à outils juridique, mais aussi un antidote à la résignation. Et il est drôle. Joël s’en amuse : « On s’est demandé si c’était juste nos blagues de juristes… mais les retours sont là. » Et il est vrai que l’ouvrage respire l’envie de rendre le droit accessible, presque ludique. En couverture, une sorte de jeu de l’oie sur la naissance d’un projet moche  et comment l’entraver à chaque case.

Résister aux projets « moches »

Ils sont plus de 600 en France. Autoroutes, fermes-usines, aéroports, mégabassines, centres commerciaux. Le capitalisme bétonne, alors Terres de luttes riposte. Joël Domenjoud n’en est pas à sa première rébellion : militant de longue date contre le nucléaire à Bure, passé par l’assignation à résidence pendant la COP21, il connaît trop bien les armes du pouvoir. Et celles de la résistance.

« La justice, c’est un champ de bataille comme un autre. Il faut y aller, à notre manière. » C’est tout l’objet du guide : faire comprendre que la loi peut aussi être un levier pour ralentir, bloquer, voire annuler des projets destructeurs. Avec ses co-auteurs, Joël n’a pas voulu faire un manuel académique. Il a voulu « un manuel pour agir ». Et le tchat applaudit : « Enfin un outil pour qu’on arrête de subir », écrit JulesB.

« On veut déconstruire pour reconstruire »

Le collectif Terres de luttes a été fondé en 2021, mais ses membres militent depuis bien plus longtemps. Joël revient sur les racines de cette aventure : Chloé et Victor, les deux piliers du collectif, avaient déjà lancé une cartographie des initiatives locales. Une manière de relier les luttes entre elles, de ne plus se sentir seuls. « On ne veut plus lutter isolés, chacun dans son coin. On veut mutualiser les expériences, les outils, les victoires. »

L’émission alterne rires et colère, réflexions profondes et souvenirs douloureux. Joël évoque Bure, cette petite commune devenue symbole d’une lutte acharnée contre l’enfouissement nucléaire. « On était traités comme des malfaiteurs. On a fini par se défendre avec les mêmes outils qu’eux : les avocats, les textes, la loi. » Une lutte harassante, mais essentielle.

« Ce qui nous rassemble, c’est le refus du béton et la volonté de vivre autrement. »
Joël Domenjoud

Le droit comme arme de création massive

Ce n’est pas qu’un manuel pour dire non. C’est un manuel pour dire oui à autre chose. Joël insiste : « On veut créer. Pas seulement bloquer. Mais pour créer, faut faire place nette. » Et parfois, passer par les prétoires est plus efficace qu’une banderole. L’un n’empêche pas l’autre. Le guide détaille les recours juridiques, les subtilités administratives, les failles du système.

On rit parfois  Dufresne y veille  surtout lorsque sont évoquées les « blagounettes » de magistrats dans le livre, ou le goût du collectif pour l’illustration engagée. Elsa Le Carpentier signe les dessins du guide, véritables respirations graphiques au cœur d’un sujet aride.

Une bataille de longue haleine

À la fin de l’émission, Joël confie espérer une décision judiciaire favorable le 5 juin prochain, dans l’affaire de Bure. Peut-être enfin la relaxe. Peut-être la fin d’un cauchemar administratif. Mais pas la fin du combat.

« Ce qu’on veut, c’est que les gens puissent reprendre du pouvoir. Ne pas croire que c’est foutu. » Le tchat enchaîne les cœurs et les commentaires : « Merci pour cet espoir concret », écrit LiseM. À ce moment-là, on ne pouvait qu’être d’accord.

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Que s ‘est il passé à Bure dans la Meuse ?

L’État projette d’y enfouir les déchets nucléaires les plus dangereux à 500 mètres sous terre, dans le cadre du programme CIGÉO. Depuis les années 1990, une opposition multiforme habitants, militants, scientifiques  s’organise pour contester ce projet jugé à la fois risqué, antidémocratique et irréversible. En 2016, l’occupation de la forêt de Mandres-en-Barrois marque un tournant, avec l’émergence d’une ZAD rapidement réprimée par l’État. Au-delà de l’écologie, la lutte de Bure incarne un refus du modèle technocratique nucléaire et une défense active du territoire.

Quelle est la particularité du guide juridique de Terres de luttes ?

C’est un outil militant, illustré, vivant et drôle. Un manuel pour comprendre, riposter, et imaginer d’autres possibles.

Que signifie ZAN dans le domaine de l’écologie en France ?

Le ZAN (Zéro Artificialisation Nette) est un objectif inscrit dans la loi Climat de 2021 visant à stopper l’extension des zones bétonnées et à atteindre zéro artificialisation nette des sols d’ici 2050. Il impose de réduire de moitié l’artificialisation d’ici 2031, puis de compenser chaque mètre carré construit par un mètre carré renaturé. Cette politique soulève de fortes tensions chez les élus locaux, notamment ruraux, qui craignent un frein au développement de leurs territoires. Derrière ce sigle  c’est la question de la protection des terres agricoles, du climat et de la démocratie locale qui se pose

Pourquoi le collectif Terres de luttes refuse-t-il les luttes isolées ?

Parce que l’isolement affaiblit. En reliant les combats locaux, le collectif redonne de la force, du souffle et du sens aux résistances.

Quel est l’impact réel d’un manuel comme celui-ci ?

Il donne des clés d’action immédiates, vulgarise des mécanismes complexes, et peut faire basculer une procédure. C’est une arme concrète.

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Cet article est le fruit d’un travail humain, d’une retranscription automatique de l’émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.

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