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Police partout, Poutou nulle part

Il bat la campagne, et les vents contraires. Ouvrier dans l’automobile, licencié par Ford, porte-parole du NPA, le candidat à la présidentielle 2022 (re)vient Au Poste. Au programme : vote révolutionnaire, place de la police, et des médias, ambiance générale et café(s) serré(s). Et l’occasion d’ausculter la difficulté pour un petit parti comme le sien de mener de front la bataille des idées et la bataille médiatique.

Nous sommes le 23 février 2022, Philippe Poutou est candidat à l’élection présidentielle qui vient moins de deux mois plus tard. À ce jour, sa candidature a récolté 224 parrainages. Contrairement à ceux des grands partis, le candidat et ses militants parcourent  la France « en petite Kangoo » et autres véhicules pour faire du porte-à-porte dans les mairies, en espérant atteindre les 500 avant le 04 mars. Compliqué mais pas impossible.

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur de ce mécanisme antidémocratique, Philippe Poutou relate ses rencontres et discussions avec les maires de petites communes, de sensibilités diverses. Ces derniers, pourtant,  partagent les mêmes difficultés à gérer leurs communes et leurs constats rejoignent ceux du NPA. Mais la peur des conséquences, en particulier dans le climat réactionnaire que vit le pays, empêche bien souvent les maires d’apporter leur soutien en parrainant.

Une victoire de gauche n’est pas une question d’addition de cheptels, ça se construit dans les luttes, dans la  conscientisation de classe et dans la durée.

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Dans le chat, on interroge le candidat sur son rapport aux autres candidatures de gauche, le bien-fondé ou non d’une éventuelle candidature commune. C’est l’occasion pour lui de rappeler le positionnement particulier de l’extrême-gauche aux côtés de la « gauche de gouvernement », et de l’intérêt de porter toutes les voix d’une gauche multiple, y compris les thèmes les plus radicaux que son programme incarne : anticapitalisme, internationalisme… et de rappeler que les candidatures communes, dans le passé, ont souvent donné lieu à des « trahisons ». Pour autant, le candidat se confie sur ses doutes, son impression d’illégitimité de porter en son nom la candidature de son parti.

Parfois, il y a un sentiment d’imposture. Ce n’est pas normal que ce soit moi qui parle de telle ou telle chose, d’écologie, de féminisme, d’antiracisme, alors qu’on a des camarades qui sont investis dans ces luttes-là au quotidien, dans des collectifs. Les meetings sont aussi compliqués à gérer, on organise des débats, on essaie le plus possible de sortir de cette personnalisation.

Philippe Poutou

David Dufresne rappelle la portée médiatique du nom de Poutou, le souvenir du débat de 2017. C’est l’occasion de porter l’échange sur les médias, sur la stratégie à porter face à un univers médiatique globalement hostile, et bien sûr la difficulté pour un petit parti de mener de front la bataille des idées et la bataille médiatique. La question est posée à Philippe Poutou : « Est-ce que c’est votre rôle d’aller dans des instances qui ne sont pas faites pour vous ? » Réponse du candidat : « Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas aller dans ces chaînes de télé de milliardaires ? On a envie d’être là, de bousculer ! » 

Une parole comme la nôtre, ça compte ! Il n’y a pas que la nôtre, bien entendu, il y a Nathalie Arthaud, il y a Anasse Kazib. Mais il y en a marre d’être étouffé par la parole d’ultra-libéraux, de conservateurs, de fachos, de racistes. On veut faire entendre notre voix !

Philippe Poutou

En particulier, le NPA s’engage pleinement sur les sujets de violences policières et de critique de l’institution policière, particulièrement inaudibles dans les canaux médiatiques principaux. « On n’est pas vus comme des ennemis par toute la police, mais ça reste compliqué de poser les problèmes », commente Philippe Poutou. « On ne vise pas les policiers, on vise l’institution. »

Dans le chat, les militants des diverses sensibilités de gauche s’empoignent sur la stratégie à adopter pour la campagne. Poutou, lui, voit plutôt l’après-campagne, et la nécessité de se rapprocher des militants plutôt que des état-majors, pour faire front commun partout, dans tous les pans de la société, face aux forces libérales et fascistes.

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