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John Livingston & Pouhiou Framasoft Peertube

Peertube Party! Bilan & perspectives avec Framasoft

L’ami Pouhiou à nouveau Au Poste, comme l’année dernière à la même période. Porte-voix de Framasoft, il viendra nous dévoiler le gros focus de l’association sur Peertube (le service alternatif à Youtube, totalement libre, et dont #AuPoste est un acharné adepte). On évoquera aussi les valeurs et le fonctionnement interne de Framasoft, dont celle de ne pas grossir et de rester à taille humaine. Et la question éthique-qui-tue: que faire des fachos qui utilisent les services libres? Attention, attention: ce stream sera retransmis uniquement sur auposte.fr, avec nos outils Peertube. On va se marrer.
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La causerie en quelques mots

Pouhiou, co-directeur de l’association Framasoft, qui fête ses 20 ans en janvier, et John Livingston, développeur du plug in de tchat de Peertube, nous donnent un petit cours de résistance numérique sur le canapé orange, à l’image de leurs outils, qui proposent des alternatives concrètes pour « redonner du pouvoir contre l’autoritarisme ». 

Le contrecoup du confort c’est la dépossession du savoir et du pouvoir […] Dans l’internet des années 1990, les gens pouvaient mettre la main dans le cambouis et se rendre indépendant assez facilement. C’est quelque chose qu’on nous a volé.

Pouhiou & John Livingston

Rendre le pouvoir, c’est donc rendre la technologie intersectionnelle, interopérable, ouverte aux contributions extérieures, remettre de l’humain au cœur du numérique, en somme, donner vie au projet du « fediverse », l’univers numérique fédéré, qui révèlerait son potentiel formidable de libération du pouvoir du peuple.

Démocratiser la technique, héberger ses propres vidéos, sans dépendre d’un point central, choisir la fédéralisation et la décentralisation, pour ne pas avoir besoin des serveurs de Bezos et de la thune de Google : ces choix techniques sont des choix politiques. Dans les logiciels, il y a des valeurs codées. Dans ceux de Google, il y a des valeurs capitalistes.

Pouhiou

Mais pourquoi est-ce si essentiel de reprendre le pouvoir ?Comme Pouhiou le rappelle, lorsqu’on parle de captation de données, il ne s’agit pas de données personnelles mais de « comportements sociaux », que les courtiers en données (ou data brokers) croisent entre nos cartes de fidélité, et nos données Google et Microsoft. Et les conséquences sont extrêmement tangibles, nous expliquent John et Pouhiou, parlant de Facebook comme d’une « bombe démocratique à retardement ».

Aux USA, des data brokers achètent des données sur les femmes qui vont avorter pour les poursuivre en justice, ou sur les futurs assurés pour ajuster le prix des assurance. Quelqu’un qui a fait des recherches sur le cancer ne pourra jamais être assuré. En France on ne le voit pas encore concrètement, mais c’est un risque réel, pour peu que l’état bascule encore vers l’extrême-droite. D’ailleurs ça existe déjà pour les prêts immobiliers : le taux peut être influencé par tes amis Facebook ou Instagram : si tu as des amis pauvres, tu es peut-être à risque.

John Livingston

Récupérer nos moyens de diffusion en utilisant des outils alternatifs, comme Peertube pour la diffusion de vidéos, ou Framasoft pour l’écriture en collaboration ou la création d’évènements, c’est se protéger, mais c’est aussi « être maitre de nos propres contenus » et retrouver une liberté d’expression. « Il vaut vraiment penser en termes d’hébergement et de propriétaire » explique Pouhiou. Fait-on confiance à Facebook pour ne pas supprimer un évènement, quitte à perdre notre outil de communication ? Fait-on confiance à Youtube pour ne pas supprimer ou sous référencer une vidéo (typiquement, qui traite des menstruations, de l’avortement) ?

Les jeunes se sont fait arnaquer. A leur âge, j’ai connu cette liberté folle, de s’inventer une vie sociale, de s’identifier comme homme, femme ou non-binaire, de discuter sur des forums sans que ce soit envenimé par les algorithmes. […] Si la nouvelle génération a repris les moyens de production et de création, les moyens de diffusion ont tout verrouillé.

Pouhiou

Mais reprendre le pouvoir a des contrecoups. Prenons l’exemple de Peertube (app alternative à Youtube). Ses développeurs travaillent tout particulièrement à modérer les commentaires des fafs – avec des bots, des listes personnalisables de mots interdits, dans plusieurs langues. Boutés hors des plateformes mainstream, car parfois jugés trop peu rentables, les groupes conspirationnistes et d’extrême-droite se rabattent beaucoup Peertube. Pouhiou rappelle la différence entre le logiciel, auquel ils ont librement accès, et le service d’hébergement, qui se réserve le droit de ne pas référencer ce contenu. 

On a créé Peertube avec un développeur en 6 ans. Face aux GAFAM et à leurs milliers de développeurs, c’est ridicule. Si on considère sur Framasoft a pu coûter 600.000 euros en 6 ans, ça représente 22 millionièmes des revenus pub YouTube de l’an dernier. On se bat contre des dragons avec des cure-dents.

Pouhiou

John sourit « comme quoi avec le libre on peut faire des trucs incroyables avec des moyens très limités. » Comme dans toute émancipation, liberté rime avec difficulté, pour les créateurs, mais pour les utilisateurs également. S’ils encouragent chacun à se saisir de ces outils, Pouhiou et John le rappellent : « Reprendre le pouvoir, c’est formidable, mais ce sera toujours un effort ».

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