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Morgan Large, journaliste lourdement menacée

Depuis vingt ans, l’animatrice de Radio Kreiz Breizh laboure sa Bretagne et déterre scandales et malversations. A pas de loup, elle avance — et fait du bruit comme personne. Morgan Large traque tout ce qui ne va pas avec l’industrie agro-alimentaire. Les subventions déguisées, les cancers des paysans liés aux pesticides, les eaux contaminées, l’exploitation des Roumains « ramasseurs de poulets ». Depuis des semaines, elle est menacée. Sérieusement. La dernière fois, c’étaient les écrous de roue de sa voiture qu’une main avait dévissés.

Morgan Large, native et habitante du centre-Bretagne, travaille comme journaliste indépendante dans une radio locale. Infatigable militante contre l’agro-business et les pratiques désastreuses de l’industrie agro-alimentaire dans sa région, elle se heurte à des résistances de plus en plus violentes et personnelles. Aujourd’hui, elle dénonce les pressions subies et nous raconte à travers ses yeux les événements récents.

En Bretagne, les principes de l’agro-business ont le vent en poupe. Les pratiques abusives d’un point de vue sanitaire, social et environnemental sont encore répandues, soutenues par des lobbys influents dont la FNSEA qui agissent à coups de communications auprès des agricultrices et agriculteurs, entretenant aussi activement leur modèle de travail que la peur et la haine de ce qui pourrait le remettre en question : idées écologistes, défense des droits et de la santé des travailleuses et travailleurs, et ainsi de suite. Militants et journalistes sont désignés comme ennemis de leur modèle, de leur monde, dans une ambiance de suspicion entretenue dans les mêmes termes que pour la lutte contre le terrorisme. Le monde agricole breton évolue dans l’étau d’une industrie massivement pourvoyeuse d’emploi – sans compter les emplois non déclarés -, qui dispose de moyens de pression, de relais auprès d’une partie des maires, ainsi que de l’oreille complaisante du ministre de l’Intérieur Castaner et de sa cellule Démeter.

On leur a volé la capacité de vendre leurs produits il y a des années, maintenant on leur vole la parole [aux agriculteurs]. Et je me dis que quand on ne peut pas s’exprimer, on devient violent.

Morgan Large

Face à cela, le travail de la presse s’organise avec peu de moyens, dans une région où les médias principaux (Ouest France, le Télégramme) désertent le champ de l’investigation. Journalistes et médias locaux se montent en collectifs et ONG, s’exposant directement aux risques liés à la pratique de leur métier sur le terrain.

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