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Lenaïg Bredoux co-directrice éditoriale de Mediapart et responsable éditoriale aux questions de genre #MeToo

#Metoo, le combat (dis)continue. Avec Lenaïg Bredoux

Lenaïg Bredoux vient de prendre la co-rédaction en cheffe de Médiapart. Sous son impulsion, Médiapart (quatre fondateurs hommes, une fondatrice) a mené le combat #MeToo plus que n’importe quel titre de presse. #MeToo, la révolution sociale. #MeToo, le renversement total. Mais aussi #MeToo, le retour de poutre, comme le déclara Au Poste Marion Séclin il y a quelques temps.

Sous le bras, Lenaïg est venue avec un ouvrage collectif, dont elle a eu la direction. On y trouve des enquêtes et des analyses au plus près des mobilisations et des changements politiques, précédés ou suivis d’entretiens inédits avec des spécialistes (sociologues, historien·nes, etc.) dont Michelle Perrot, Mérabha Benchikh, Christelle Taraud, Fanny Gallot, Alex Mahoudeau, Chowra Makaremi, Kaoutar Harchi.

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La causerie en quelques mots

Que signifie “responsable éditoriale aux questions de genre”, le poste pccupé par Lénaïg Bredoux depuis 3 ans à Mediapart ? Il s’agit de veiller aux questions de genre dans la pratique quotidienne du média, à travers le respect d’une charte d’écriture inclusive, d’une parité dans la rédaction, mais aussi le types de sujets traités, et l’attention à la parole donnée aux femmes. Lénaïg Bredoux rappelle les mots d’Adèle Haenel sur le plateau de Médiapart : “les monstres, ça n’existe pas” : là est le cœur de l’enjeu journalistique. Enquêter sur les violences sexistes et sexuelles de façon à documenter leur aspect systémique. En cela, le politique est un “poste d’observatoire privilégié” explique Lénaïg Bredoux. 

Promouvoir des hommes mis en cause par des accusations aussi graves, c’est un choix, ce n’est pas une obligation. En revanche, c’est vraiment envoyer des signaux qui disent “tout ça ne m’intéresse pas”. Quand ce sont des personnes publiques chargées de faire la loi, chargées de commander le ministère de l’Intérieur, chargées d’enquêter sur ces sujets, comment penser que ça n’a pas d’influence sur la politique mise en place ?

Lénaïg Bredoux

Quand on rappelle à la journaliste la promesse de Macron faire de la cause des femmes celle de son quinquennat, elle ne peut s’empêcher de rire : “le résultat est catastrophique […] Quand il dit je ne veux pas de “société de la délation”, qu’est-ce que ça veut dire ?” Lénaïg Bredoux expose le fait que “pendant longtemps on a valorisé une image de la sexualité débordante de nos responsables politiques comme étant des attributs du pouvoir”. Dans la sphère politique, personne ne prenait ce sujet au sérieux, tandis que les journalistes se figuraient leur métier comme “s’arrêtant à la porte de la chambre à coucher”. Pourtant, rien n’est moins vrai.

Une accusation de viol, c’est pas le privé, ça n’a rien à voir. Une accusation de viol, c’est une accusation d’un crime passible des Assises. Est-ce que ça viendrait à l’idée de se poser la question si on révélait qu’un ministre proférait des injures racistes à tous ses dîners – ce qui peut être un délit ? Est-ce qu’on se dirait : c’est une affaire privée, alors que c’est un excellent ministre par ailleurs, ou un mauvais ministre peu importe ? Ce sont potentiellement des délits, des crimes, et des accusations graves d’intérêt public. Ce n’est pas de la vie privée. 

Lénaïg Bredoux

Lorsque les enquêtes de Mediapart sur les hommes accusés de violences sexistes et sexuelles font l’actualité, des critiques se font jour, au nom de la présomption d’innocence. Lénaïg Bredoux clarifie ce point : “la présomption d’innocence est un concept de droit pénal essentiel. C’est central, mais ce n’est central que dans le cadre de la procédure pénale, ce n’est pas un concept journalistique. Aucun article ne va envoyer quelqu’un en prison, et heureusement.” Quant aux concepts de ”mort sociale”, ou de “tribunal médiatique”, “de quoi parle-t-on ?” demande la journaliste:

Est-ce que d’un coup, Gérald Darmanin n’est plus ministre de l’Intérieur ? Si on parle de gens qui ont disparu de la sphère publique, il y en a quelques-uns, comme Nicolas Hulot, mais qui l’a condamné à ça ? Personne. […] Il n’y a pas de procès contre PPDA, pas de sanctions de M6 contre Plaza, la liste est extrêmement longue et les accusations sont pourtant graves. C’est comme s’il y avait encore quelque chose qui nous gênait, comme si on se disait “est-ce qu’on ne pourrait pas revenir au bon vieux temps quand on ne parlait jamais de ça ?”

Lénaïg Bredoux

Ce dont on ne parle jamais, insiste Lénaïg Bredoux, c’est le sort des plaignantes qui ont témoigné : “quelles sont leur vie à elle ?” Ce sont des milliers de personnes dont la vie est étalée, et dont la carrière s’arrête souvent, contrairement à celle de leur agresseur.

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