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Lycées, universités: état des lieux avec Emmy Marc & Manès Nadel

Lycées, universités: état des lieux

Quelle place des organisations syndicales dans les lycées et les facs, en termes de niveau d’engagement, des formes de luttes, mais aussi au niveau de la répression ? Avec Manès Nadel pour l’USL (Union Syndicale Lycéenne) et Emmy Marc, Secrétaire Fédérale de l’Union Etudiante, nous discuterons des projets de réformes de l’Education Nationale et de l’enseignement supérieur et enfin, des revendications et des combats de ces organisations syndicales de jeunesse, notamment la lutte contre la sélection et contre la précarité.

En seconde partie, nous sommes entrés en détail sur la garde à vue de Ritchy, suite à son interpellation d’Emmanuel Macon au salon de l’agriculture. Et comment il se prépare à son «procés politique» début août 2024.

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La causerie en quelques mots

Les syndicats étudiants et lycéens sont des organisations fragiles. Leur financement dépend  majoritairement d’appels à projets, de subventions, d’aide d’autres syndicats, un peu du ministère de l’Enseignement Supérieur pour les étudiants, et parfois d’adhésions modestes. Les syndicats lycéens ne sont que peu représentés dans les instances, là où les organisations étudiantes bénéficient des acquis de mai 68 et ont une marge de manœuvre plus grande dans les conseils d’administration des universités.

Dans un contexte de coupes profondes dans le budget de l’État – dont celle récemment annoncée de dix milliards d’euros cette année -, les universités sont invitées à s’autonomiser vis-à-vis de l’État, comprenez : « moins de sous de l’État, cherchez le reste vous-même ». L’éducation de manière générale se retrouve souvent en tête de liste quand il s’agit de tailler dans les budgets. Le gouvernement persiste dans cette direction même si ses effets sont aujourd’hui dramatiquement visibles : précarisation des étudiants, crise massive du logement, état de dégradation avancée d’établissements comme la lutte du monde de l’éducation en Seine-Saint-Denis le révèle. Et pourtant, comme le rappelle justement Manès Nadel, quand il s’agit de trouver deux milliards et demi d’euros pour le Service National Universel, on comprend bien que les coupes sont des choix politiques et non des nécessités. De la même manière, du côté des lycées, la lutte pour un meilleur bâti et des conditions d’enseignement dignes, contre le manque de professeurs et leur non-remplacement, qui ruinent des années scolaires et creusent les inégalités entre les lycées bien dotés et les autres, ne recueillent que des annonces vides et non suivies d’actions.

Si les ministres successifs n’écoutent pas les organisations lycéennes et étudiantes, c’est sans doute parce qu’ ils  sont sociologiquement très éloignés de la réalité de l’école publique. De leur position surplombante, ils traitent l’éducation comme un champ comme un autre, c’est-à-dire, un vivier de forces pour alimenter le capitalisme. L’entrée du privé dans le public – avec la concurrence généralisée pour l’entrée à l’université via Parcoursup, le renvoi des lycéens professionnels vers les entreprises, la précarisation étudiante et donc la généralisation du travail étudiant, l’entrée massive des entreprises dans les conseils d’administration des établissements – répond à l’alimentation du privé par le public, avec près de vingt milliards d’euros d’argent public injecté pour développer l’enseignement supérieur privé. Le gouvernement installe un cadre dans lequel les jeunes sont formés pour se fondre, rapidement si possible, dans le tissu économique actuel. Emmy Marc explique qu’au lieu de leur donner les armes pour forger leur avenir, s’émanciper, se construire comme citoyens, on les pousse à la précarité, au travail mal rémunéré qui par ailleurs forme une concurrence déloyale pour les travailleuses et travailleurs. On contribue ainsi à la perpétuation du tissu économique alors même qu’il devient urgent de le transformer en profondeur pour s’adapter et lutter contre le changement climatique.

La jeunesse et les études ne sont pas reconnues comme une époque de la vie où on travaille, où on produit du savoir qui bénéficie à l’ensemble de la société. L’âge moyen d’insertion sur le marché du travail est passé de 20 ans en 1975 à 27 ans aujourd’hui, donc même celles et ceux qui se sortent positivement des études vivent une période longue et précaire d’insertion. Les grilles salariales se sont complètement tassées, et les enjeux de cotisation pour la retraite deviennent une angoisse pour un nombre grandissant d’entre nous.

Ces gens-là voient les choses en surface. L’uniforme ? Ça gomme les inégalités. Le SNU ? Ça va ramener l’égalité dans la société. Nous [la jeunesse] cherchons à transformer la société en profondeur, pas seulement l’habillage.

Manès Nadel

Tous les problèmes structurels évoqués ci-dessus sont ostensiblement écartés par les ministres de l’Éducation Nationale successifs, qui à l’instar de Gabriel Attal et de son court passage dans ce ministère préfèrent œuvrer à leur grand projet réactionnaire, entre interdiction de l’abaya, arrivée de l’uniforme et généralisation du SNU, aussi flou que ce projet et son financement soient. On veut faire de la jeunesse une masse docile en plus d’une main d’œuvre malléable. L’imaginaire belliqueux propagé par le gouvernement complète le tableau et laisse craindre une pente dangereuse dans un contexte international de montée des tensions. Les organisations lycéennes et étudiantes se fédèrent et s’organisent face à cette imprégnation de l’imaginaire d’extrême-droite au sein de la jeunesse, en mettant en évidence les conséquences concrètes de cet imaginaire lorsqu’il est à l’œuvre. Elles puisent dans les outils de l’action syndicale pour contribuer à la bataille culturelle, tractent, organisent des journées de mobilisation comme celles des 8 mars et 19 mars 2024, participent à sensibiliser la jeunesse au monde dans lequel ils entrent.

Quatre questions clés

Qui est Emmy Marc ?

Emmy Marc est Secrétaire Fédérale de l’Union Etudiante.

Qui est Manès Nadel ?

Manès Nadel est une figure de la lutte lycéenne contre la réforme des retraites. Il est le porte-parole et le vice-président de l’Union Syndicale Lycéenne.

Qu’est-ce que le SNU ?

Lancé en 2019, le SNU (service national universel) se situe entre service civique et service militaire. Jusqu’en 2023, il s’adressait aux jeunes de 15 à 17 ans sur la base du volontariat. Le gouvernement a annoncé vouloir l’intégrer dès l’an prochain, au temps scolaire des classes de seconde. Depuis sa mise en place, de nombreuses critiques se sont élevées contre le programme, jugé autoritariste, voulant “dresser” la jeunesse.

Que revendique le mouvement de protestation lycéen ?

Les syndicats comme l’USL luttent pour un meilleur bâti, des conditions d’enseignement dignes, et contre le manque de professeurs et leur non-remplacement.

1 commentaire
  1. Bonjour,
    Dans cette émission offrant un beau rayon de soleil, l’énergie et la vitalité des Lycéennes/lycéens sont l’écho plus que réjouissant de la JEUNESSE… UN GROS BRAVO !
    Etant donné qu’elle représentera, dans 30/50 ans (?) la population MINORITAIRE du pays (3 sur 4 personnes auront 60 ans et +)… ces mêmes Etudiantes/Etudiants ont donc un sacré boulot pour “faire bouger les choses” (leur citation), notamment par la suite dans les facultés… et le long du chemin de Chacune/Chacuns…
    COURAGE à Vous Toutes et Tous… courage aux 3 millions d’Etudiantes/Etudiants… NE LACHEZ RIEN !
    ENCORE BRAVO ! Trop chouette !!!
    Cool

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