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«Les Magnifiques sauvages» et débat avec Fabien Jobard et François Buton

Il y a cinq ans, ce fut une déferlante et une déflagration. Le mouvement des Gilets Jaunes, l’un des plus importants depuis le Front populaire, allait remettre les citoyens au cœur de la ville, des ronds-points et de la Politique. Plus de 350 personnes sont venues célébrer l’anniversaire lors de notre Au Poste Ciné-Mutins Club.

Au menu de notre célébration: un court métrage (Ravages de Rachel Rudlof), et deux longs: «Les rendez vous du samedi» d’Antonin Peretjatko (France, 2022, 52 minutes) et, en avant première mondiale, «Les Magnifiques sauvages» Documentaire des Cerveaux non disponibles (France, 2023).

Puis, ce fut le débat au débat avec le politiste Fabien Jobard (qui a dédicacé par ailleurs sa superbe BD « Global police ») et François Buton, politiste, membre d’un collectif de chercheurs qui prépare deux publications en 2024 (« Idées reçues sur les Gilets jaunes », Le Cavalier Bleu éditions, et « Devenir Gilet jaune », Editions du croquant). Prises de parole du public, visite suprise de Ritchy Thibault, boissons fraîches, ce fut un sacré moment.

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La foule est nombreuse, enthousiaste, chantante, animée de souvenirs, et d’envie de les partager. Ne pas oublier. François Buton confie “pendant le visionnage, je n’ai cessé de dresser des lignes de comparaison entre les Gilets Jaunes et les émeutes de cet été”. Quand il entend aujourd’hui la peur « d’une révolte sans lendemain, d’une révolte oubliée », il confie avoir des frissons. Dès le début, des hommages au mouvement se font entendre « C’était un des plus beaux moments de ma vie. J’ai fait des manifestations depuis que je suis toute petite, mais là je n’ai jamais rencontré une telle ambiance, une telle joie, un tel bonheur et depuis je n’ai rien retrouvé d’aussi chouette ». 

Que reste-t-il des Gilets Jaunes ? Pour François Buton, il faut se souvenir d’un mouvement – qui était aussi “10.000 mouvements” – composé de beaucoup de primo-manifestants, parti d’enjeux de pouvoir d’achat, et qui est devenu un mouvement assembléiste à la réflexion trés riche, tournée vers des enjeux démocratiques, demandant la restauration de l’ISF, l’augmentation du pouvoir d’achat, l’indexation des salaires sur l’inflation, mais aussi le RIC et la révocation des élus. 

Fabien Jobard insiste sur l’aspect inédit des actes dans l’espace public : “prendre l’arc de triomphe, symbole impérial, c’est affirmer le ridicule du pouvoir”, tandis que les Champs Elysées “est le lieu de l’affirmation de la restauration du pouvoir sur le désordre, sur lequel, depuis février 1934, on ne manifeste pas.” Néanmoins, est-ce que le pouvoir a tremblé ? D’après le politologue, si le 1er décembre, “les gendarmes ont dû repousser des attaques au Palais de l’Elysée, qui je pense, mai 68 y compris, ne se sont jamais produites sous la cinquième République”, il y a surtout eu d’après lui “la mise en scène d’institutions au bord de l’écroulement” de la part du gouvernement. Quant aux policiers “ils n’ont pas tremblé, c’est certain. En revanche, ils tirent un bilan très positif de leur action”.

Beaucoup de policiers m’ont dit : bien sûr, des gens ont été blessés, mutilés, mais les institutions ont tenu, et le palais de l’Élysée, l’Assemblée nationale, le Sénat n’ont pas été pris. […] Cette réponse était vraiment typique, paradigmatique de de la police française, qui est d’abord et avant tout tournée vers la protection des institutions plutôt que vers la sécurité des citoyens.

Fabien Jobard

Les invités sont tous deux pessimistes sur la conjonction de la lutte des Gilets Jaunes et des quartiers populaires, parce qu’il est trés facile d’opposer les deux. François Buton partage le témoignage d’un jeune homme racisé « les gilets jaunes comprennent maintenant ce que c’est que la violence. Mais ils ne la comprennent qu’une fois par semaine. Nous, c’est tous les jours. » Le sociologue ajoute “je pense que ça reste vrai. Faire l’expérience de la violence policière une fois ou 10 fois, et toutes les semaines, ce n’est pas la même chose”.

Le miracle du mouvement, c’est qu’il a duré très longtemps. […] Même s’ils sont fatigués, certains Gilets Jaunes continuent à se réunir. D’autres sont dormants, prêts à être réveillés. […] Je ne sais pas quelle va être l’étincelle, la goutte qui va faire déborder le vin. Les motifs sont très nombreux, mais c’est vrai qu’on est face à un appareil répressif de plus en plus sophistiqué.

François Buton

Une répression policière, mais aussi judiciaire, remémore Fabien Jobard – 3.000 condamnations prononcées à l’issue du mouvement – qui s’est diversifiée, “accompagnant les peines de sursis de peines probatoires ou complémentaires, comme 3 ans de déchéance des droits civiques et pour une partie des droits civils”. Les médias et chaines d’info en continu ont aussi été “un énorme dévoilement” pour les Gilets Jaunes rappelle le politologue, sans compter la violence du retour à “la vie normale”, et la confrontation au regard révolté de la communauté, qui a pu briser des familles. François Buton déclare “il faut que ce soit de nouvelles personnes qui reprennent le flambeau”.

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