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L’empire colonial de Bolloré: ses racines, ses opposants

Derrière le rideau de fumée du groupe médiatique et de la green-tech, Vincent Bolloré tire sa fortune d’un empire colonial. Des plantations d’huile de palme et d’hévéas aux médias africains, en passant par la logistique portuaire, le groupe est un pilier de la françafrique. L’envers du décor c’est l’exploitation de la nature et des êtres humains, les jeux d’influence sur les élections et les marchés frauduleux. Le pillage organisé d’un continent au service d’une idéologie.

Avec : Lola Keraron, journaliste de la Revue Silence, Mariama Keïta et Arthur Baron, de l’association Survie qui lutte contre le (néo)colonialisme français.

En direct du Village de Lever les Voiles, à Quimperlé, lors du week-end Lever les voiles.

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« On ne parle pas d’un homme d’affaires. On parle d’un système. » Quand Lorine prononce cette phrase, tout le chapiteau semble suspendre son souffle. Cette rencontre organisée lors de l’événement Levons les voiles contre l’empire Bolloré a quelque chose d’historique. Sous le soleil d’un après-midi engagé, Attac, Survie et Silence mettent à nu un empire colonial moderne, aux ramifications tentaculaires. Et ce n’est pas une métaphore.

« Résister, ce n’est pas seulement protester. C’est documenter. » 
Lorine d’Attac

D’un port à l’autre, l’emprise Bolloré. 

Arthur Baron, précis, implacable, rappelle que les premiers pas de l’empire Bolloré se sont faits sur fond de concessions portuaires en Afrique de l’Ouest. « Le port de Kribi au Cameroun, le réseau de chemin de fer au Bénin, les forêts du Congo… C’est un colonialisme 2.0, masqué par des holdings et des montages opaques. »

Et ce n’est pas parce que Bolloré a « vendu» une partie de ses actifs logistiques qu’il faut croire à un retrait. Arthur est clair : « Il n’y a pas de désengagement. Il y a une stratégie de repli masqué. » Le tchat explose : « Et l’État français dans tout ça ? Complice ! » écrit CamilleBzh.

Les femmes en première ligne : la double peine

Lola, venue pour représenter la revue Silence, raconte une enquête bouleversante sur les plantations de palmiers à huile au Cameroun, détenues par Socfin, filiale longtemps liée à Bolloré. Elle y évoque des femmes expropriées, harcelées, violentées.

« Elles subissent les effets des  pesticides, le harcèlement sexuel et les gardes armés. Et malgré tout, elles se lèvent, s’organisent, résistent. » Le public reste bouche bée. Elle évoque alors l’envers de la mondialisation : des produits pour l’Europe, extraits dans la douleur, au prix de vies invisibilisées. Le mot « extractivisme » devient concret, vivant, humain.

« On parle d’accaparement des terres, pas d’investissements »
Arthur Baron

Quand le savoir devient une arme

Lorine enchaîne sur la sortie du rapport Bolloré publié par Attac et l’Observatoire des multinationales. « 76 pages pour démonter pièce par pièce la structure, la stratégie, l’hypocrisie. On y montre comment la Fondation Bolloré se pare de philanthropie pour mieux masquer l’exploitation. »

Elle insiste sur le rôle des citoyen·nes : « Ce rapport, il faut s’en emparer. Le lire, le diffuser, le débattre. C’est notre arme. » À ce moment-là, on ne pouvait qu’être d’accord avec elle. Le tchat acquiesce. « Merci pour ce taf, je partage direct » écrit Titoune_rebelle.

Bolloré : un empire soutenu par la République ?

L’un des points les plus brûlants arrive presque à la fin de l’entretien. Quentin, l’animateur, interroge sur les liens entre pouvoir politique et Bolloré. Arthur tranche : « Le soutien de l’État français est structurel. On parle d’un acteur stratégique donc intouchable. » Et là, un silence. Ce silence qui dit tout. Ce que les médias ne veulent pas que vous sachiez.

« Ce n’est pas parce que ça se passe loin qu’on ne peut rien faire d’ici »
Lola

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Pourquoi parler de « néocolonialisme » quand on parle de Bolloré ?

Parce que l’entreprise hérite directement de logiques coloniales d’accaparement, d’exploitation et de domination, tout en profitant d’un soutien logistique et diplomatique français dans plusieurs pays d’Afrique.

Quel est l’impact réel de l’empire Bolloré au Cameroun ?

Les impacts sont multiples : destruction des écosystèmes, violences contre les femmes, confiscation des terres, dépendance économique. Le cas des plantations Socfin est particulièrement documenté.

Pourquoi cette vision  est-elle remise en cause  ?

Parce qu’elle s’attaque non seulement à un acteur économique puissant, mais aussi aux  liens entre l’État français et ses anciens territoires coloniaux. Ce n’est pas juste une critique d’entreprise, c’est une critique de système.

Comment agir depuis la France ?

En informant, en relayant les enquêtes, en soutenant les organisations comme Attac, Survie ou Silence, et en refusant les discours lénifiants sur la « responsabilité sociale » des entreprises.

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Cet article est le fruit d’un travail humain, d’une retranscription automatique de l’émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.

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