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Amine Kessaci

«Le narcotrafic est organisé comme le capitalisme» — Amine Kessaci

Amine Kessaci, 22 ans, et un courage fou. Son nom résonne comme un symbole de résistance dans les quartiers nord de Marseille. Après l’assassinat de deux de ses frères, par des narco-trafiquants, ce jeune écolo a transformé sa douleur en combat. Dans cet entretien sans esquive, il raconte la narcocratie de l’intérieur, démonte l’échec de la répression et plaide pour une réponse globale : justice sociale, dignité, légalisation encadrée. Une parole politique née du deuil, tenue par la détermination. Un témoignage rare.


Fondateur de l’association Conscience, il accompagne dénonce l’abandon des quartiers populaires. Candidat aux municipales à Marseille sur la liste de Benoît Payan, Amine Kessaci incarne une nouvelle génération d’activistes, à la croisée du personnel et du politique. Son discours, intime et radical, force le respect. Menacé, sous protection policière, Amine Kessaci continue de défier les trafiquants et les sceptiques. Et les critiques. Un honneur de le recevoir.

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La rencontre avec Amine Kessaci

Amine Kessaci raconte sa vie sous protection policière après avoir appris «qu’un contrat avait été placé sur ma tête», conséquence directe de sa dénonciation du narcotrafic et de la publication de son livre « Marseille, essuie tes larmes – Vivre et mourir en Narcocratie»

Il insiste sur l’innocence totale de son frère Mehdi, «assassiné pour rien», uniquement parce qu’il était son petit frère.

Il décrit la narcocratie comme «le pouvoir qu’ont les narcotrafiquants d’influer sur nos vies», capable de se substituer à l’État dans les quartiers populaires.

Il établit un parallèle direct entre narcotrafic et capitalisme : «le narcotrafic est organisé comme le capitalisme», avec des têtes de réseau à l’abri et des exécutants prolétarisés et sacrifiés.

Il dénonce l’hypocrisie d’une guerre à la drogue qui cible «les petits en pied d’immeuble» tout en laissant prospérer les véritables responsables à l’étranger.

Il défend la légalisation du cannabis comme outil de santé publique et de prévention, rappelant que «la prohibition la plus violente d’Europe» coexiste avec une consommation record.

Il affirme que la lutte contre le narcotrafic ne peut être uniquement sécuritaire : emploi, services publics, école, dignité et justice sociale sont centraux.

Il rend hommage aux mères des quartiers populaires, «le dernier rempart», qu’il décrit comme la colonne vertébrale de son engagement politique et associatif.

Il explique son choix de l’engagement municipal comme levier concret, affirmant que les réponses doivent être à la fois immédiates et structurelles sur le long terme.

Il conclut sans ambiguïté sur sa détermination : «je ne me tairai pas face au narcotrafic», même sous la menace directe, parce que le silence tuerait une seconde fois.

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