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Monique Pinçon-Charlot

«Le capitalisme est à bout de souffle, et nous avec» — Monique Pinçon-Charlot

Ils ne paient pas d’impôts, mais ils achètent les médias, les lois, et même l’avenir de la planète. Monique Pinçon-Charlot, sociologue des riches, démasque l’oligarchie française : une caste qui s’enferme dans ses ghettos dorés, manipule la démocratie, et accélère le chaos climatique. « Le capitalisme est à bout de souffle, et nous avec », lance-t-elle, impitoyable. Des cercles secrets aux fraudes fiscales géantes, des présidents milliardaires à la mainmise sur Paris, elle révèle comment une poignée d’hommes et de femmes a confisqué le pouvoir, l’espace, et jusqu’à l’air que nous respirons.

C’est un livre fondateur sur la domination sociale. Un coup de projecteur inédit sur ceux qu’on n’interroge jamais : les riches. En 1989, avec Dans les beaux quartiers, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon imposent une rupture : pour la première fois, la bourgeoisie devient objet d’étude en chair et en réseaux. Trente-six ans plus tard, le texte reparaît — chez Rue de l’échiquier et Les Voix urbaines, augmenté d’une préface du génial Éric Vuillard — et sa charge reste intacte.

Les « ghettos du gotha » ont pris le pouvoir sur la ville, les quartiers se ferment, les corps se trient. La sécession spatiale des élites est un fait. Au Poste, Monique Pinçon-Charlot, bien connue de nos services, venue en 2023 pour «Le Méprisant de la République», revient sur cette première immersion, sur l’évolution du terrain, sur les limites d’un monde désormais bunkérisé.

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La rencontre avec Monique Pinçon-Charlot

La sociologue explique que le concept de séparatisme s’impose aujourd’hui car «nos recherches sur le séparatisme des riches dans l’espace urbain n’ont pas pris une ride» et que ce terme éclaire mieux la rupture civique opérée par les élites. «Ils ne contribuent pas à la solidarité nationale»

Elle décrit le passage d’une classe dominante à une structure plus fermée encore, affirmant que «ce n’est même plus une classe dominante, c’est une oligarchie», caractérisée par la captation des titres de propriété et du pouvoir politique. «C’est une petite caste qui s’approprie toutes les richesses»

Le séparatisme est aussi spatial : ghettos du Gotha, cercles fermés, quartiers protégés, où l’entre-soi devient une arme sociale durable. «Tout change pour que rien ne change»

Elle montre que les riches pensent de manière relationnelle, à l’inverse des classes populaires fragmentées, ce qui leur permet de coordonner intérêts économiques, politiques et culturels. «Ils sont toujours en train de mettre les choses en relation»

La guerre de classe est explicitement assumée par les dominants, rappelant une phrase fondatrice pour ses travaux. «La guerre de classe existe et ce sont les riches qui la mènent»

Monique Pinçon-Charlot insiste sur la reproduction sociale intégrale, combinant capital économique, social, culturel et symbolique. «On ne peut pas rester riche tout seul»

Elle analyse la mainmise des milliardaires sur les médias comme un substitut au parti unique. «Ils ont remplacé le parti unique par la pensée unique»

L’extrême droite apparaît comme une alliée structurelle des intérêts oligarchiques, hier comme aujourd’hui. «La collaboration avec l’extrême droite est ancienne»

Sur l’écologie, elle établit une responsabilité directe des plus riches dans le chaos climatique. «Les 10 % les plus riches sont responsables de près de la moitié des émissions»

Enfin, elle remet en cause l’état réel de la démocratie contemporaine. «Nous ne sommes plus en démocratie»

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