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Ziad Majed Sarra Grira

«La Palestine n’est pas un souvenir, elle est au cœur de tout» — Ziad Majed

Le Proche-Orient n’est ni une énigme insoluble ni un chaos éternel. Dans cet entretien dense et pédagogique, le politiste Ziad Majed démonte un siècle de récits tronqués, de mythes géopolitiques et de simplifications dangereuses. De la Palestine à l’Iran, du Liban aux révolutions arabes, il restitue les continuités historiques, les ruptures fondatrices et les responsabilités internationales. Une lecture indispensable pour comprendre pourquoi cette région reste au cœur du basculement mondial.

On aurait pu intituler cet épisode « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Proche-Orient ». Car notre invité, le politiste franco-libanais Ziad Majed, ne fait pas mystère de l’objectif de son dernier ouvrage : en bon professeur, il propose d’offrir une entrée pédagogique à cette région du monde, dont le destin est intimement lié à celui de l’Occident. En remontant au début du siècle dernier, et à travers des escales autour d’événements clés, l’auteur aide à mieux comprendre les enjeux de la nouvelle séquence qui s’est ouverte au lendemain du 7 octobre 2023, et éclaire le rôle que les puissances occidentales ont joué — et continuent de le faire — au Proche-Orient.


Sarra Grira / Orientxxi.info

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La rencontre avec Ziad Majed

Le Proche-Orient agit comme un révélateur mondial : «le droit international a été exclu de notre région», avant d’être progressivement fragilisé ailleurs, faisant de Gaza un miroir de l’ordre international en crise.

La question palestinienne s’inscrit dans une histoire longue amorcée à la fin du XIXe siècle, bien avant 1948, et devient rapidement une question internationale structurante.

L’idée d’un Proche-Orient incompréhensible relève d’un mythe politique : «l’histoire de la Palestine et du Proche-Orient est accessible», à condition de rompre avec la paresse intellectuelle et le refus d’affronter l’histoire coloniale.

La chute de l’Empire ottoman constitue un premier moment fondateur, suivie par la Nakba de 1948, qui «va avoir des conséquences sur toute la région et sur toute la culture politique», bien au-delà du seul cadre israélo-palestinien.

La guerre de 1973 marque un basculement décisif : «c’était la dernière guerre entre États arabes et Israël», ouvrant une ère de conflits non étatiques et la montée en puissance des monarchies pétrolières du Golfe.

La centralité palestinienne s’impose malgré les tentatives répétées de l’effacer : «à chaque moment où on pensait que la Palestine était devenue secondaire, elle revient et s’impose».

L’Iran incarne une trajectoire marquée par des blessures démocratiques anciennes, de 1906 à 1953, puis par une révolution confisquée : «la société iranienne s’exprime politiquement depuis des décennies».

Le régime iranien instrumentalise la Palestine pour sa stratégie régionale tout en écrasant ses oppositions internes : «ils soutiennent des mouvements de résistance, mais pour leur propre hégémonie».

Le confessionnalisme ne suffit pas à expliquer les conflits : «la grille sunnite-chiite n’explique pas grand-chose», les dynamiques étant d’abord politiques, sociales et géostratégiques.

Le Hezbollah a perdu sa prétention protectrice : «ses armes n’ont pas protégé le Sud Liban», et son engagement régional l’a exposé à une défaite militaire majeure.

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