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Stéphane Galais Ana Pich

«Frontières» épinglé, la garde à vue de la Conf’ Paysanne et un roman graphique police/justice

Deux invités, un même fil rouge : l’exercice du pouvoir sans contre-pouvoir réel. Ana Pich raconte ce qu’elle voit, carnet à la main, dans les tribunaux où la police est jugée par la justice. Stéphane Galais revient sur son interpellation au pied de l’Arc de Triomphe et sur la répression des luttes paysannes. En toile de fond, un scandale médiatique : Frontières épinglé pour s’être fait passer pour Au poste. Une matinale sur l’impunité, la répression et les dérives de l’information.

Avec Ana Pich, à 7h30, autrice de «Sans foi ni loi, la police face à la justice» (Florent Massot) on a vu comment la police est jugée.

A 8h30, Stéphane Galais, porte parole de la Confédération paysanne, interpellé violemment vendredi, et mis en garde à vue à Paris. Avec lui, on est revenu sur cet événement, le Mercosur, la DNC, et et que faire de la lutte avec des gens qui ne sont pas des camarades (Coordination rurale).

Retour aussi sur Frontières, tout juste épinglé par le Conseil de déontologie journalistique et de médiation pour avoir usurpé notre identité: le média d’extrême droite s’était fait passer pour Au Poste lors des universités d’été de LFI en aout 2025

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La rencontre avec Ana Pich et Stéphane Galais

La dessinatrice Ana Pich décrit un sentiment d’impunité omniprésent dans les audiences correctionnelles, incarné par cette phrase prononcée par un policier poursuivi pour violences : « Je suis flic, il ne peut rien m’arriver », une assertion répétée devant les juges et intégrée comme une évidence par les prévenus.

Elle explique que les procès observés ne représentent qu’une infime partie des violences policières, après une série de filtres judiciaires — classements sans suite, non-lieux, abandons de poursuites — décidés en amont par le parquet, rendant l’audience publique trompeuse quant à l’ampleur réelle des faits.

Un argument revient systématiquement dans les défenses policières : « l’effet tunnel », présenté comme une conséquence du stress opérationnel, utilisé pour justifier des tirs, des coups ou des décisions mortelles, notamment dans les affaires de maintien de l’ordre.

Ana Pich insiste sur la fidélité absolue de son travail de dessinatrice d’audience, réalisé en direct, où chaque planche repose sur la retranscription exacte des paroles prononcées, constituant un matériau brut permettant une lecture sociologique du fonctionnement judiciaire.

Elle revient sur des drames emblématiques comme la noyade de Steve Maia Caniço, rappelant que seul le commissaire a été poursuivi puis relaxé, tandis que l’ensemble de la chaîne de commandement et les policiers ayant chargé ont bénéficié de non-lieux.

De son côté, le porte parole de la Confédération paysanne Stéphane Galais raconte son interpellation violente au pied de l’Arc de Triomphe, dénonçant un deux poids deux mesures entre les mobilisations agricoles soutenues par la FNSEA et celles de la Confédération paysanne, pourtant connues et encadrées.

Il affirme que la répression vise prioritairement les forces syndicales minoritaires et progressistes, rappelant des pratiques récurrentes de nasses, de gardes à vue et d’entraves au droit de manifester à l’encontre de son organisation.

Le porte-parole démonte l’accord Mercosur, expliquant que même une hypothétique réciprocité des normes ne suffirait pas à compenser un différentiel structurel massif, conduisant mécaniquement à la destruction des marchés paysans et au renforcement de l’agro-industrie.

Il clarifie les convergences ponctuelles avec d’autres organisations agricoles, affirmant l’absence totale de rapprochement idéologique avec l’extrême droite et rappelant la nécessité de combattre ses idées dans les territoires ruraux.

L’émission revient enfin sur le scandale Frontières : le média s’est fait passer pour Au poste afin d’obtenir des interviews lors des Amfis de la France insoumise, utilisant un tract du média pour entretenir la confusion. Le Conseil de déontologie journalistique et de médiation a conclu que « l’obligation déontologique de ne pas recourir à des méthodes déloyales dans la collecte de l’information n’a pas été respectée », épinglant Frontières pour usurpation d’identité et pratiques trompeuses.

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