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Sylvie Laurent, Paul Conge, François Bougon, Christophe Giudicelli, Nicolas Massol & Youmni Kezzouf

France: l’extrême droite tue. USA/Argentine: au pas de l’oie

C’est une attaque multi-directionnelle contre la démocratie qui se déroule. Toutes ses dimensions (démocratie politique, culturelle, sociale…) sont remises en cause, internationalement.

«Doge, ça a été un chaos microéconomique sans effets macroéconomiques.» Christophe Giudicelli n’a pas mâché ses mots. L’Argentine de Javier Milei ? Une expérience de laboratoire néolibéral aussi brutale que vaine. Face à David Dufresne, entouré de François Bougon, Sylvie Laurent et Nicolas Lebourg, il pose d’emblée le décor : on parle ici d’un monde qui «marche au pas de l’oie», selon la formule du taulier.

L’émission, enregistrée chez Mediapart, démarre sur les chapeaux de roue. La régie s’agite, la technique est aux petits soins. Mais l’atmosphère, elle, est électrique. Car au cœur du débat, il y a cette évidence glaçante : l’extrême droite ne progresse plus seulement dans les urnes, elle colonise désormais les imaginaires, les économies, les rues.

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De l’Argentine à la Silicon Valley : anatomie de l’illibéralisme

«On n’est plus dans le ressac. L’offensive est frontale.» Nicolas Lebourg, en bon historien spécialiste de l’extrême droite, recentre la séquence. La vague populiste, dit-il, est désormais une lame de fond illibérale. Ce mot qu’il utilise, à défaut d’un meilleur, traverse la discussion comme un fil rouge.

En Argentine, Milei taille dans l’État au nom d’un dogme abscons. Il évoque Elon Musk comme un totem. Aux États-Unis, la tech devient le bras armé d’un nouveau libéralisme sans État, sans frein, sans égard. Sylvie Laurent le résume d’une phrase : «Le libertarianisme, c’est le droit du plus fort, sacralisé.»

Et ce droit, il est souvent viriliste, blanc, et masculiniste. La Californie que décrit Laurent dans son dernier ouvrage – La contre-révolution californienne (Libella-Le Seuil)  n’a plus rien du mythe progressiste. C’est une illusion vendue par les libertariens. Un rêve aux airs de cauchemar climatisé.

«Il n’est de vertu que le fait de poursuivre son intérêt personnel.»
Sylvie Laurent

À ce moment-là, tout le plateau opine. Même le tchat s’enflamme. «On est là dans la dystopie réelle !», commente LouRiot. Dufresne enchaîne avec une pique sur l’idéologie du start-upisme californien : ce mélange de cool et de brutalité, «un bon sourire pour un licenciement sans motif».

Capitalisme autoritaire : quand l’économie sert la violence

L’exemple de Milei en Argentine sert de fil conducteur. Giudicelli démonte, chiffres à l’appui, les soi-disant performances économiques du président argentin. Inflation, austérité, destruction sociale : rien ne tient la route, sauf l’idéologie. Et cette idéologie s’appuie sur des penseurs radicaux comme Ayn Rand, que Sylvie Laurent connaît par cœur.

Le monde d’Ayn Rand, c’est celui des super-héros entrepreneurs, des États faibles, des syndicats honnis. Un monde où la violence est une vertu si elle sert le capital.

«On ne se dit pas ultra-libéral parce qu’on prétend avoir une éthique.» 
Sylvie Laurent

Là, Dufresne fait mouche : «Alors on joue sur les mots ? Ce serait une éthique de prédateur, non ?» Rires sur le plateau, mais tension palpable. Parce que derrière les figures de style se cache une autre vérité : ce que Milei tente là-bas, d’autres voudraient l’appliquer ici. Et c’est bien cela qui rend l’analyse urgente.

Masculinisme, tech et violence politique : un cocktail explosif

C’est Bougon qui relance la balle. Il rappelle que l’idéologie californienne, aujourd’hui, épouse les contours d’un nouvel ordre masculiniste et anti-démocratique. Pas par hasard : les figures qui dominent la tech sont majoritairement masculines, souvent issues de milieux hyper-privés, blancs et déconnectés des réalités sociales.

Et cette idéologie se répand. De Trump à Musk, des GAFAM aux plateaux télé, elle façonne un imaginaire où la force, la domination et la privatisation sont des horizons indépassables. Le tchat rebondit encore : «C’est le retour de l’Empire mais sans la République», lâche Nomdecode.

Lebourg ajoute un éclairage historique glaçant : dans les années 1930, les rhétoriques anti-parlementaires s’appuyaient déjà sur des discours similaires. «On voit émerger une esthétique de la puissance, un refus du compromis. Le débat devient un aveu de faiblesse.»

Ce que les médias dominants ne veulent pas vous dire

À plusieurs moments, l’émission touche à l’intime. Quand le taulier  évoque la France et ses propres démons, la parole devient plus grave. Des mots comme «tueurs d’extrême droite» (titre du livre de Paul Conge en seconde partie) ne sont pas là pour faire joli. Ils décrivent une réalité où les idées deviennent balles. Et les tweets, des ordres de marche.

On sort de l’émission avec ce vertige : tout se tient. Des think tanks américains aux groupuscules européens, des économies en ruine à l’ascension des figures virilistes, c’est un monde entier qui se structure contre la démocratie. Mais le plateau, lui, refuse de céder au désespoir. Laurent parle d’alternatives, Bougon insiste sur le journalisme d’enquête, et Giudicelli sur la résistance intellectuelle. À ce moment-là, on ne pouvait qu’être d’accord avec eux.
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Pourquoi le terme «illibéralisme» dérange-t-il autant ?

Parce qu’il dévoile l’oxymore d’une démocratie sans droits. Le terme met en lumière une réalité : celle d’un autoritarisme soft, qui conserve un vernis électoral tout en laminant les contre-pouvoirs.

Quel est l’impact réel de l’idéologie libertarienne californienne ?

Il est mondial. De Musk à Thiel, de la Silicon Valley à Milei, elle irrigue des visions politiques qui font de l’État un ennemi et de la réussite individuelle un dogme. Résultat : davantage de contrôle privé, moins de solidarité publique.

En quoi le capitalisme autoritaire est-il différent du néolibéralisme classique ?

Il assume sa brutalité. Là où le néolibéralisme se drapait dans des discours d’efficacité, le capitalisme autoritaire revendique l’ordre, la virilité, le choc. Il n’a plus besoin de consensus, il impose.

Pourquoi cette perspective est-elle soumise à caution ?

Parce qu’elle démasque les alliances. Elle révèle que les nouveaux pouvoirs (tech, finance, politiques autoritaires) avancent main dans la main  et que leurs ennemis communs sont la presse libre, les droits sociaux et la contestation populaire.


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Cet article est le fruit d’un travail humain, d’une retranscription automatique de l’émission par notre AuBotPoste revue et corrigée par Rolland Grosso et la rédaction.

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