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Camille Gardesse & Paul Alauzy

Exilé·e·s à Paris: le rapport qui accable police et institutions

Harcèlement, destruction de biens, violences verbales et physiques, évictions de lieux de vie. Désormais, ces actes, qui ne peuvent se comprendre que dans leur totalité systémique, sont documentés et analysés par le Collectif Accès au Droit (CAD).

Camille Gardesse, membre du CAD et Maîtresse de conférences en sociologie urbaine à l’école d’urbanisme de Paris, et Paul Alauzy, membre du CAD et coordinateur de la mission exilé·e·s à Médecins du Monde étaient nos invités. Témoignages, récits, faits et chiffres, ils ont analysé cette vaste opération politico-policière aux effets secondaires les plus terribles.

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448 témoignages, un gros travail de documentation pour montrer « les conséquences de cette répression concrètement sur la vie des exilé.es » retrace Camille Gardesse. 

Conclusions du rapport : 

    – 88% des violences sont des dispersions de l’espace public – alors même que l’espace public est une ressource vitale pour ces personnes -, 

    – 30% sont des agressions physiques, dont 33% sont des confiscations et destructions de biens (lacération de biens, gaz lacrymogène sur des couvertures). 

Le rapport souligne la pérennité de ce phénomène de dispersion, inscrit dans un continuum de violence institutionnelle. « Tout ça n’est pas caché. Nous le rendons public mais quand je parle aux gendarmes, ils me disent “oui, on a une mission d’éviction, personne ne peut se stabiliser » confie Alauzy. Le message aux exilé·e·s: « vous n’êtes à l’abri nulle part. »

Après chaque évacuation apparaît une autre forme de répression : l’urbanisme dissuasif, qui donne des situations ubuesques, avec un espace vide grillagé se déplaçant au gré de nouveaux campements. L’éviction de l’espace public est aussi celle de l’Ile de France vers des sas régionaux « faisant souvent face à des problème de mobilité, d’accès à ’administration, à l’emploi, et manquants de communautés d’entraide » explique Alauzy, tandis que Gardesse argumente : « On ne tient pas du tout compte des projets et profils des exilés. Avoir un toit ne suffit pas, il faut un accompagnement. » 

Si le but des «mises à l’abri» est de rendre les personnes invisibles, ça marche super bien, si le but est de les loger sur le long terme, c’est complètement inefficace. 

Paul Alauzy

Après les violences qu’ils ont fui, celles du trajet, aucun exilé ne s’imagine subir autant de violence ici, en France. Les témoignages du rapport sont saisissants : un exilé toxicomane arraché à sa voiture et gazé à bout portant, ou un groupe victime d’une agression au sabre, arrêté pour… violence en bande organisée. Le lendemain, alors qu’un rassemblement a lieu devant le campement attaqué, la BRAV-M arrive, et nasse exilés et associations, dont Paul Alauzy. Embarqué dans un fourgon sirènes hurlantes « j’ai fini au poste, mais il n’y avait pas de café comme ici», plaisante-t-il. Les dispersions, insultes, intimidations, amendes, arrestations touchent aussi le tissus associatif, à qui on va jusqu’à interdire de distribuer de la nourriture.

Il n’y a pas de crise migratoire en termes de données, mais une crise institutionnelle de l’accueil.

Camille Gardesse

Les chercheurs déconstruisent le mythe de “l’appel d’air” : 0.02%, c’est le pourcentage d’exilés accueillis par la France l’an dernier, sur les 80 millions de personnes en déplacement forcé dans le monde. 

Accueillir coûte beaucoup moins cher que disperser. Quand il y a un campement de 200 personnes et qu’on nous envoie 300 flics pour les dégager, on ne pourrait pas envoyer 10 travailleurs sociaux, 2 traducteurs et 5 psychologues pour s’occuper d’eux ? […] Quand une personne migrante arrive ici à 20 ans, elle est prête à bosser, et pendant 20 ans, elle ne nous a rien coûté. C’est une main d’œuvre de dingue pour la France, qui n’est pas coûteuse mais qui rapporte.

Paul Alauzy

Tous deux insistent sur la nécessité de former la police au droit à l’exil, et d’instaurer un dialogue entre les forces de l’ordre et les associations.

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