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En Iran: le Soulèvement. En France: les librairies attaquées par l’extrême-droite

En quelques mois, une dizaine de librairies indépendantes ont été attaquées partout en France. Les acteurs du livre indépendants attribuent ces actions violentes à l’extrême droite. Avec nous, pour en parler, à 7h30, Clémence R. (SUD Culture Solidaires – Branche Métiers du livre). Et à 8h30, l’anthropologue Chowra Makaremi, bien connue de nos services, viendra dresser le bilan, provisoire, et humain, et politique, du nouveau soulèvement révolutionnaire en Iran.

Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.

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La rencontre avec Clémence R. et Chowra Makaremi

Les attaques contre les librairies indépendantes se multiplient depuis plusieurs mois, avec des vitrines brisées, des tags à l’acide, des menaces directes, des tentatives d’intimidation visant explicitement des lieux identifiés comme féministes, LGBTQIA+ ou engagés politiquement, révélant une stratégie d’intimidation organisée et durable.

Clémence R. explique que ces violences sont précédées de harcèlement répété, par téléphone, sur les réseaux sociaux ou directement en librairie, et que «les attaques physiques arrivent souvent après des semaines de pressions», installant un climat de peur quotidien pour les travailleuses et travailleurs du livre.

La publication d’un guide d’autodéfense juridique répond à une nécessité concrète : «donner des outils précis, rappeler le cadre légal, expliquer quoi faire immédiatement après une attaque», afin d’éviter l’isolement et l’abandon face aux agressions.

Les institutions culturelles et les grandes maisons d’édition réagissent faiblement : Clémence R. souligne que les communiqués restent souvent généraux, sans désignation claire des responsabilités ni soutien matériel suffisant aux librairies ciblées.

La perquisition de la librairie Violette & Co marque un tournant inquiétant : une librairie attaquée par l’extrême droite se retrouve ensuite perquisitionnée par l’État, tandis que la plainte pour dégradations «a été perdue», illustrant une inversion préoccupante des priorités.

Seconde invitée, Chowra Makaremi décrit la situation iranienne comme «un massacre à ciel ouvert», avec des milliers de morts en quelques jours, une répression indiscriminée visant manifestants et passants, et un usage systématique de la terreur comme seul mode de gouvernement encore opérationnel.

L’inflation massive en Iran agit comme déclencheur mais révèle un système plus profond : une économie de prédation contrôlée par les Gardiens de la Révolution, où «l’inégalité devient le seuil de l’insupportable» et transforme la colère sociale en révolte politique.

Le pouvoir iranien repose sur un appareil militaro-économique fermé, endogame, où élites religieuses et sécuritaires concentrent richesses et décisions, tandis que la majorité de la population subit la paupérisation et la destruction des protections sociales.

La répression actuelle marque une rupture : forces masquées, usage de milices extérieures, techniques importées de conflits régionaux, donnant aux manifestants le sentiment d’être face à un ennemi militaire plutôt qu’à un pouvoir issu de la société.

Malgré la violence, Chowra Makaremi souligne une transformation majeure : la République islamique a paradoxalement produit une société largement sécularisée, pour laquelle l’islam politique «n’est plus une force de contestation», ouvrant une brèche historique aux conséquences régionales majeures.

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