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Dominik Moll

Dossier 137: une IGPN de rêve? Avec Dominik Moll

Le nouveau film de Dominik Moll cartonne. Dossier 137 attire le public, reçoit un bel accueil presse, et l’imprimatur d’anciennes patronnes de l’IGPN. Sa convocation Au Poste fut un plaisir. On a causé cinéma, et réalité, messages et morale, actions et opinions. Sortez les pop corns!

L’histoire: le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie (Léa Drucker), enquêtrice à l’IGPN. Une manifestation des Gilets Jaunes, à Paris, en décembre 2018, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité. Et la police des polices devient (enfin) un sujet de fiction.

Pour écrire son film, Moll a suivi un stage d’observation à l’IGPN, lu des paquets de dossiers, rencontré des chercheurs. Dans cet entretien intense, le réalisateur revient sur la genèse de Dossier 137, son film-enquête. Entre immersion auprès des inspecteurs, analyse des images filmées par les citoyens et exploration des zones grises du maintien de l’ordre, il dévoile comment se fabriquent les récits policiers — et leurs silences. Il raconte les résistances, les blocages institutionnels, les relaxes judiciaires et les discours politiques qui nourrissent l’impasse actuelle.

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Faits saillants de l’émission

Dominik Moll explique que Dossier 137 raconte l’enquête d’une commandante de l’IGPN chargée de comprendre «dans quelles circonstances un jeune manifestant a été grièvement blessé par un tir de LBD», et comment elle «va se heurter aux limites et aux contraintes de son métier» (Dominik Moll).

Il précise que l’affaire du film est une construction hybride issue «d’un assemblage d’éléments de plusieurs enquêtes», notamment celle concernant la famille Pontonnier, dont il détaille le parcours traumatique.

Il raconte avoir assisté au procès Pontonnier et dit que la relaxe du CRS ne l’a «pas étonné plus que ça», tout en la trouvant «terrible pour la famille» et révélatrice d’un système où l’on refuse aux blessés «le statut de victime».

Dominik Moll insiste sur la responsabilité politique : «Quand on est incapable d’admettre qu’il y a des policiers qui commettent des violences illégitimes […] ça devient vraiment problématique»

Il cite les propos tenus par Macron, Darmanin et Nunez pour montrer la stratégie gouvernementale de refus : «Quand Macron il dit il est inacceptable de parler de violences policières», ou encore «quand Darmanin dit « quand j’entends le mot violence policière je m’étouffe »».

Il évoque l’affaire Angelina à Marseille, révélant l’omerta policière : un policier avait dénoncé les auteurs, mais «son supérieur lui a dit tu te tais» puis «le syndicat Alliance lui a dit tu te tais».

Il décrit en détail ses cinq jours d’immersion à l’IGPN, les réunions, les auditions, et les enquêteurs «curieux ou moins curieux» selon leur perception de sa présence.

Il explique que les enquêteurs «connaissent aussi la difficulté du maintien de l’ordre» et que cela crée un biais : ils se mettent «plus facilement à la place des policiers», notamment dans les zones grises.

Il revient sur la manière dont il a filmé les manifestations : utilisation de véritables smartphones, reproduction des angles des images citoyennes, construction de fausses vidéos avec «un sentiment de véracité».

Le réalisateur affirme que sa démarche n’est pas le “un partout, balle au centre”, mais la recherche de compréhension : «Dire “c’est les méchants policiers”, c’est un peu court. […] Il faut comprendre comment on peut en arriver là.»

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