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Marion Jacquet Vaillant Olivier Tesquet Nicolas Lebourg

Des bottes et des bots

L’extrême droite ne se contente plus d’occuper le terrain politique : elle façonne les réseaux, structure les algorithmes et fabrique ses publics. Olivier Tesquet, Marion Jacquet-Vaillant et Nicolas Lebourg analysent les ressorts du techno-fascisme, la production industrielle des followers et la transformation profonde des sociabilités politiques. Une plongée documentée au cœur des nouvelles droites numériques.

La subculture du web peut-elle finir par engloutir les plus vieilles démocraties ? Dans son histoire, l’extrême droite a souvent su se saisir de la modernité technologique pour promouvoir son agenda anti-moderne. Ce phénomène va aujourd’hui vite, très vite, accélère. Nous partons vers les zones profondes du web, celles où clignotent les mèmes toxiques, les communautés retranchées et les imaginaires en flammes. Pour cartographier ces territoires instables, nous avons reçu deux explorateurs du numérique contemporain :

Marion Jacquet-Vaillant, maîtresse de conférences à l’université Paris-Assas, chercheuse en sciences politiques, dont les travaux plongent dans les flux d’extrême droite de X et de Telegram. On verra avec elle que selon les plateformes, les identités politiques, les discours, varient.

Olivier Tesquet, journaliste, coauteur d’Apocalypse Nerds avec Nastasia Hadjadji, une enquête sur les artisans du « technofascisme » qui rêvent de restructurer le monde en « États réseaux ».

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La rencontre avec Olivier Tesquet, Marion Jacquet-Vaillant, Nicolas Lebourg

  • L’émission pose d’emblée le cadre analytique de « la fabrique des followers », définie comme « une production du politique », et non un simple effet de mode ou de plateforme, soulignant la transformation structurelle des rapports de pouvoir 
  • Nicolas Lebourg explique que « les transformations de la technologie, les applications… ont transformé les résultats, les offres et les demandes politiques », inscrivant les réseaux sociaux au cœur des recompositions idéologiques contemporaines 
  • Olivier Tesquet insiste sur la prudence conceptuelle autour du terme fascisme : « le techno-fascisme est une catégorie politique extrêmement chargée », tout en justifiant son usage pour décrire des projets politiques concrets issus de la tech américaine 
  • Marion Jacquet-Vaillant retrace son travail de recherche sur Génération identitaire et rappelle que ses enquêtés affirment : « nous, on est tous formés à faire des vidéos, à faire des visuels, à faire les tweets », revendiquant une professionnalisation militante 
  • Elle montre empiriquement comment certains mots d’ordre passent « le mur du son », avec des pics allant jusqu’à « 600, 800, 900 publications par mois », révélant des stratégies coordonnées de diffusion sur Twitter 
  • Nicolas Lebourg décrit l’invisibilisation algorithmique des concurrents politiques et explique que « quelqu’un qui arriverait sur Twitter… ne verrait qu’un seul acteur », conséquence directe de stratégies de hashtags et de cartographie de l’influence 
  • Olivier Tesquet analyse l’imaginaire politique des élites techno-libertariennes, évoquant Peter Thiel et affirmant que « le Mordor, c’est le lieu du progrès technologique infini », révélateur d’un projet de société assumé 
  • Les intervenants soulignent le caractère sécessionniste et ségrégationniste de ces projets, décrits comme « absolument pas désirables pour 99,99 % de la population », mais portés sans souci du consentement majoritaire 
  • Nicolas Lebourg montre comment l’extrême droite construit des écosystèmes médiatiques complets et explique que « le problème à gauche, c’est qu’aujourd’hui nous manquons d’écosystèmes », pointant un déséquilibre stratégique majeur 
  • La conclusion ouvre sur l’action collective et rappelle que « les luttes sont extrêmement créatives » et qu’il est possible de « penser des contre-projets de territoire ».
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