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Max Bonhomme James Horton Mathilde Larrère

Couper, coller, imprimer: une histoire politique des images

Derrière ces gestes simples se cache une longue histoire de luttes politiques, de propagande et de contre-information. Du photomontage communiste des années 1930 à la presse alternative des années 1970, Max Bonhomme et James Horton retracent un siècle d’images militantes. Affiches, journaux, cartes postales et tracts deviennent des armes visuelles. Une plongée dans la culture graphique des révoltes modernes.

Les portraits détourés de nos deux invités ; une image de fond qui évoque le thème de l’émission ; le titre, le nom de l’émission en texte ; le logo et la charte graphique d’Au poste. La vignette qui accompagne cette annonce pour ma prochaine émission « Du passé faisons table basse » est un photomontage.
Or les photomontages ont une longue histoire, et ce, avant Photoshop. Une histoire marquée à gauche qui plus est !


Pour en parler, j’ai convoqué Max Bonhomme et James Horton. Tous deux ont contribué (le premier ayant même co-organisé) à la magnifique exposition à La Contemporaine (Nanterre) et à son catalogue : Couper, coller, imprimer (éditions Anamosa). Je les cuisinerai sur cette technique graphique, cet art politique international du photomontage qui accompagne les grandes luttes politiques du XXe siècle, du Göring en boucher de John Heartfield aux collages critiques de la presse radicale des années 70, en passant par les constructivistes soviétiques, les Unes de Regards, les almanachs paysans et ouvriers des années 30, les affiches en soutien aux républicains espagnols (et républicaines espagnoles), mais aussi les récupérations fascistes. Alors qu’aujourd’hui des collectifs de graphistes excellent dans l’art de représenter et booster nos luttes (je pense notamment à Formes de Luttes), les photomontages d’hier éclairent ceux du présent.
Mathilde Larrère

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La rencontre avec Max Bonhomme et James Horton

Le photomontage contemporain, des affiches militantes aux mèmes numériques, prolonge ces traditions en continuant à « faire violence à l’image » pour attaquer symboliquement le pouvoir

Le photomontage est défini comme une technique graphique reposant sur l’assemblage d’images photographiques préexistantes afin de produire « un troisième sens », issu du montage et de la confrontation visuelle

L’histoire du photomontage politique est indissociable de l’imprimé, de la presse illustrée, de l’affiche et de la carte postale, supports essentiels à sa diffusion massive

Les premières sources permettant d’étudier ces images sont souvent issues de la surveillance policière, notamment « les services de surveillance » et les archives conservées aux Archives nationales

Dans les années 1920-1930, le photomontage est pensé comme une arme politique, notamment dans l’Allemagne de Weimar, avec John Heartfield et la revue Arbeiter-Illustrierte-Zeitung tirant jusqu’à « 400 000 exemplaires »

Le photomontage permet de « tourner en dérision l’idéologie, les figures politiques » et de rendre la presse militante populaire, visuelle et accessible

La guerre d’Espagne donne lieu à une production graphique intense où artistes et militants collaborent pour produire affiches et appels internationaux à la solidarité

Dans les années 1960-1970, la presse alternative renouvelle le photomontage à travers le collage, l’offset, le grand format et des mises en page anarchiques issues de la contre-culture

Les journaux alternatifs sont conçus comme des espaces de convergence des luttes, mêlant antiracisme, féminisme, anti-impérialisme et libération sexuelle

Les pratiques graphiques révèlent des tensions internes aux mouvements, notamment sur les questions féministes, menant à la création de journaux autonomes comme Le Torchon brûle

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