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Débat «Un pays qui se tient sage» à Marseille. Avec Issam El Khalfaoui

Rencontre au cinéma le Gyptis (Marseille) avec Issam El Khalfaoui, le père de Souheil, 19 ans, tué par un policier lors d’un contrôle en 2021, et le réalisateur David Dufresne.

Dans le cadre des 40 ans de la Marche pour l’égalité et contre le racisme. Après la projection de «Un pays qui se tient sage» et du court-métrage « Le réveil fut brutal. Discours du père de Souheil lors de la marche du 8 juillet 2023 », Au Poste a retransmis le débat, d’autant poignant qu’il s’est tenu à une rue du drame qui a endeuillé la famille El Khalfaoui.

Dans la salle du Gyptis, un certain nombre d’habitants du quartier de la Belle de Mai, le plus pauvre de France, dont certains furent témoins des faits d’aout 2021.

(le son s’améliore nettement vers 22 minutes)

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Le public est nombreux, attentif, solidaire. Issam El Khalfaoui, dont le fils Souheil a été tué par des policiers, livre un récit judiciaire édifiant: « Mon fils est mort le 4 aout 2022, le juge a été nommé au mois de novembre. Il a fait interroger un seul témoin, qui habite à Roubaix. Le juge a décidé de l’interroger à Roubaix, qui est le commissariat de naissance du tireur. » Quant aux autres témoins, « aucun n’a été interrogé directement par l’IGPN. C’est nous qui les avons retrouvés et qui avons demandé aux enquêteurs de les interroger, ce qu’ils n’ont pas fait. » Il ajoute que « le procureur de Marseille a demandé explicitement aux enquêteurs de l’IGPN à ce que le tueur soit interrogé en dernier. Il n’a pas été placé en garde à vue, et a eu le droit d’être interrogé après avoir parlé avec ses collègues la veille. » 

On parle de présomption d’innocence mais ce n’est pas vrai. Aujourd’hui il y a un postulat d’innocence. Un policier, parce qu’il est policier, est innocent. 

Issam El Khalfaoui

« Aujourd’hui s’il n’y a pas une vidéo pour contredire la version policière, elle est prise pour argent comptant et il y a classement sans suite systématiquement » déclare Issam El Khalfaoui. En cause notamment, des policiers nommés pour enquêter sur des policiers, une IGPN « dont le seul rôle est de masquer » affirme Issam El Khalfaoui, mais aussi un mépris de l’identification des policiers, avec le RIO. En effet, dans l’écrasante majorité des violences policières, le classement sans suite de l’IGPN releve d’une cause quasi exclusive : policier non identifié. 

La première fois qu’on se fait contrôler, on a peur, la deuxième fois, on a peur, la troisième fois on a peur, la dixième fois, on est agacé, la 50e fois, on a envie de partir. Mon fils a eu envie de partir. Il n’aurait pas dû, mais mon fils, qui avait 19 ans, s’était déjà fait contrôler un nombre innombrable de fois. 

Issam El Khalfaoui

 En 20 ans, la police s’est militarisée, la justice s’est bestialisée, et le seuil de tolérance de la population a chuté. Pour le père endeuillé, « la France, donneuse de leçons au monde entier, devrait se regarder dans le miroir. »

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