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Ana Pich'

«Chroniques de l’injustice ordinaire» avec Ana Pich

Pendant deux ans, elle s’est assise au fond des salles d’audience, plume et encre de chine en mains. Audiences correctionnelles, comparutions immédiates, machines à broyer les destins.

Jour après jour, elle a écouté, suffoqué parfois ; elle a souri, souvent jaune ; et elle en est revenue avec « 256 pages les plus représentatifs de notre justice bourgeoise, raciste et sexiste », ramassés dans son terrible album Chroniques de l’injustice ordinaire (Florent Massot). Joie de retrouver l’autrice, croisée Au Poste, depuis un live dans sa bonne ville de Nantes en juin 2023.

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Depuis 4 années, elle croque les procs’ (les procureurs), assise au fond des salles d’audience, Ana Pich ne se sépare jamais ni de son carnet, ni de ses pinceaux. Aujourd’hui sort son premier ouvrage, Chroniques de l’injustice ordinaire (Florent Massot), un regard en bande dessinée sur les (dys)fonctionnements de la justice (l’injustice ?) « bourgeoise, raciste et sexiste. »

Depuis 4 mois, elle remonte les questions du chat pour David Dufresne, aujourd’hui c’est elle qui les pose.

La journaliste Pauline Todesco va mener l’entretien, sous le regard toujours bienveillant du maître des lieux, qui ne s’interdira pas de reprendre le micro quand l’envie s’en fera sentir.

L’entretien commence par un constat simple, de cette justice de classe. Les petits délinquants subissent, notamment par le biais des comparutions immédiates, un jugement expéditif et souvent sévère, alors qu’un criminel en col blanc bénéficiera (souvent) d’une meilleure défense et d’un délibéré plus clément.

Des gens qui sont isolés, c’est sur eux que s’abat la répression judiciaire […] Quand vous voyez que les gens ont du soutien, ça peut influencer

Ana Pich

On comprend alors en quoi le travail d’Ana Pich est fondamental : sans elle, sans le public, plus ou moins nombreux selon les dossiers, qui vient assister aux audiences, les magistrats ont carte blanche pour rendre leur verdict ! Il faut alors observer, rapporter, documenter ce qu’il s’y passe pour  que l’écart ne se creuse pas.

Il y a un choix de poursuites. Sur les infractions économiques et financières, pour les infractions sexuelles et sexistes, il peut classer sans suite. […] La procédure de comparution immédiate, c’est vouloir envoyer des gens en prison.

Ana Pich

Nous parcourons ensuite ensemble le livre, chapitré par thématiques : répression des mouvements militants (de gauche), racisme (systémique), répression des stups’, violences policières, violences sexistes et sexuelles…

A chaque fois, le même constat : l’injustice et la déconnexion des magistrats au réel sont présentes à chaque étape de la procédure, depuis le contrôle d’identité, bien souvent au faciès, jusqu’au délibéré, en passant par l’audience en elle-même (le juge expliquant aux personnes souffrant de précarité extrême qu’elles n’ont qu’à aller aux Restos du Cœur). 

Je ne suis pas du tout neutre, j’ai un regard qui est militant, j’ai un parti pris.

Ana Pich

Multipliant les exemples figurant ou non dans son livre, Ana Pich dénonce pendant presque 2 heures les dérives du système judiciaire. Tout y passe, les défenses parfois ubuesques, les petites phrases des magistrats, les manques de moyens de l’institution judiciaire, manque de temps, manque de médecins…

L’entretien se poursuit sur une note plus légère, durant laquelle l’invitée nous détaille ses techniques pour dessiner, prendre des notes, faire ses choix de textes, en suivant le rythme effréné de la pièce qui se joue devant elle. 

Mais vient la fin de l’entretien, et une question grave posée dans le chat;

Comment garder le moral(e) avec de tels témoignages ?

ValeurAnarchiste

En effet, pas évident de rester optimiste au vu de ce constat. Mais c’est bien la morale que l’on pourra essayer de faire respecter, en renforçant notre présence dans les tribunaux, pour que les magistrats n’oublient pas que c’est au nom du peuple qu’est rendue la justice ! Lorsque nous sommes présents, les magistrats savent qu’on les écoute : à l’instar  des téléphones dans les manifestations, notre présence dans les salles d’audience et les dessins d’Ana Pich peuvent devenir l’arme des désarmés.

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