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Théo Viard Fabien Plastre Mačko Dràgàn

«Capgemini a vendu le fusil, pas effacé le sang» — Théo Viard (CGT)

Presse indépendante, capitalisme numérique et luttes syndicales : cette Matinale explore les lignes de front d’un monde sous tension. Face à l’hégémonie des plateformes et à la concentration médiatique, des journaux papier résistent, s’organisent et se réinventent. Dans le même temps, un scandale éclate : Capgemini, symbole du CAC 40, collabore avec ICE. Un des artisans de la révélation du scandale est avec nous. Une lutte victorieuse, on prend.

Au menu ce lundi :

A 7h30, gloire à la Presse Pas Pareille: Fabien Plastre (L’age de faire) et Mačko Dràgàn (Mouais), viennent faire l’état des lieux de ces journaux papier qui pullulent et qui résistent. A 8h30, direction Capgémini. Théo Viard (CGT) est en direct pour causer du contrat de la honte avec ICE et consorts.
Sans oublier la météo des luttes, notre revue de presse antifa, les convocations de la semaine, radio police, revue de presse de la maison poulaga.

Chaque lundi matin, Au Poste tente de mettre un peu de trouble dans l’ordre médiatique dominant. « France Déter » accueille des invité·e·s, tient des revues de presse particulières, donne le temps des nuages et des luttes, explore le passé, étrille le présent. C’est en direct, c’est fait maison. Préparez le café!

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La rencontre avec Théo Viard

Capgemini est accusée d’avoir collaboré depuis des années avec l’ICE, fournissant des outils de «skip tracing», d’optimisation de la détention et de déportation, participant à une traque algorithmique des migrants pour des contrats de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Sous la pression syndicale et médiatique, l’entreprise a annoncé hier la vente de sa filiale américaine, mais pour la CGT, «Capgemini a vendu le fusil, pas effacé le sang», la responsabilité morale et politique demeurant entière.

Les syndicats dénoncent une stratégie de communication visant à se défausser sur une filiale étrangère alors que les contrats existent «depuis 2007» et relèvent d’une politique structurelle tournée vers le profit.

Au-delà de l’ICE, Capgemini est impliquée indirectement dans l’industrie de l’armement et de la guerre via des prestations pour Thales ou Safran, créant des cas de conscience chez de nombreux salariés.

La rencontre avec Fabien Plastre et Mačko Dràgàn

La presse papier indépendante continue d’exister malgré les contraintes économiques, logistiques et politiques, portée par des collectifs qui mutualisent l’impression, la diffusion et les luttes, car «le papier n’est pas mort, il résiste» et répond à une demande qui «n’a jamais vraiment disparu».

L’impression et l’acheminement constituent le principal point de fragilité des journaux indépendants, entre dépendance aux imprimeurs dominants et domination de Bolloré sur la distribution, créant une forme de «censure par l’économie».

Le Syndicat de la presse pas pareille naît du besoin de sortir de l’isolement, de partager des outils concrets et de porter des revendications communes, notamment pour peser sur l’attribution des aides publiques et défendre une presse «pas pareille» dans un paysage ultra-concentré.

La question de la rentabilité est centrale : «être rentable en papier, ça me paraît extrêmement peu possible», les journaux survivant grâce aux abonnements, à la solidarité militante et à des aides publiques historiquement pensées pour garantir le pluralisme.

Le choix du papier est assumé comme un acte politique : un objet durable, lisible hors algorithmes, permettant une relation différente au temps, où l’actualité est mise en perspective plutôt que consommée dans le flux.

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