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«Ça s’est tourné près de chez vous»: ciné et faits divers

Qui du cinéma et du fait divers a nourri l’autre depuis un bon siècle? Philippe Lombard, auteur du livre «Ça s’est tourné près de chez vous» (publié ces jours-ci chez La Tengo) est convoqué #AuPoste. De Landru à Mesrine, du Docteur Petiot aux sœurs Papin, d’Omar Raddad au juge Renaud, du petit Grégory au vieux Dominici, le film français a largement puisé dans le réel. C’est du cinéma et c’est pas du cinéma! Et c’est #AuPoste.

Philippe Lombard écrit sur le cinéma et la télévision. Beaucoup. Dans son dernier ouvrage, il parcourt les dernières décennies du cinéma français à la recherche d’affaires, de faits divers, ayant été relatés par le septième art. Pourquoi celles et ceux, qui ont le loisir de créer leurs récits, viennent à s’intéresser au réel ? Que veulent-ils raconter ? À l’inverse, quelle place pour le fait divers dans le cinéma ?

Le fait divers est en même temps une histoire de loi, de justice, de vérité, qu’une histoire d’humanité et de société, et c’est en cela qu’il est universel. Le fait divers  a en quelque sorte deux vies. 

Une première, qui réside dans le temps de l’actualité, tourne autour des faits à mesure qu’ils sont révélés par l’enquête, diffusés par les journaux et confrontés devant la justice. Suivant ce rythme frénétique, chacun se forge un avis qu’il défendra avec autant de ferveur qu’il sera peu étayé.

Une seconde, ensuite, démarre lorsque le soufflet retombe, lorsque l’affaire est classée et le jugement rendu, qui peut durer des décennies voire des siècles. C’est le temps des récits humains, par-delà les verdicts administratifs, et de ce qu’ils disent de nous. Le cinéma intervient dans cette seconde vie, après coup, avec le luxe du temps de revenir sur les faits avec un regard neuf, frais sur le contexte, sur la société de l’époque concernée. Il pourra aussi porter son attention, s’il le souhaite, sur le traitement de l’affaire et de son écho auprès du grand public. Ce n’est ainsi pas un hasard si la plupart des films du genre interviennent en faveur de l’accusé jugé coupable.

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