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Benjamin Lucas - Député • Groupe écologiste - #NUPES • Membre de Génération.s • 8ème circonscription des Yvelines

Benjamin Lucas: «l’immigration et la démocratie, ce n’est pas juste débattre façon CNews»

Il est le député du Groupe écologiste #NUPES (8ème circonscription des Yvelines), membre de Génération.s. Lundi dernier, c’est son discours hautement humaniste qui a résonné dans l’hémicyle. On le reçoit Au Poste le jour où la Commission Mixte Paritaire, dont il est membre, doit tenir sa première réunion. Immigration, fraternité, jeu(x) politiques: ce sera fort. Venez débattre.

Motion de rejet adoptée, renvoi en Commission Mixte Paritaire : la gauche a t-elle gagné ou signé pour pire ? A qui la faute ? Benjamin Lucas dresse un état des lieux : une loi indigne, très loin de la réalité et à l’opposé de toutes les valeurs de ce pays, une assemblée immature, qui joue les conseils de discipline et refuse l’échec.

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La causerie en quelques mots

“C’est la première fois que j’ai ressenti autant d’importance en montant à la tribune” confie Benjamin Lucas. C’est une victoire douce-amère pour la gauche : le texte du Sénat, qualifié de “musée des horreurs par des associations” rappelle le député, va être étudié dans une Commission Mixte Paritaire (CMP) ce soir. Une décision “légale mais illégitime”, qui signe, pour le député, un “essoufflement démocratique” et un “régime du coup d’état permanent”

On ne fait pas rentrer par la fenêtre d’une commission ce qu’on fait sortir par la porte démocratique de l’Assemblée Nationale. Au lieu de reconnaître son échec et de retirer leur texte, les macronistes ont dit que c’était notre faute si le texte allait être durci. Mais rien n’obligeait le gouvernement à déposer le texte devant une CMP. Tout comme rien n’obligeait le gouvernement à passer d’abord par le Sénat […] Dans une démocratie adulte et mature, on n’aurait pas considéré ce rejet comme une crise politique. On aurait simplement retiré le texte : ça arrive dans plein de pays. Je voudrais que plus souvent, le gouvernement perde, et qu’on trouve cela normal. 

Benjamin Lucas

Cette loi immigration est la trentième en 40ans. Or, rappelle Benjamin Lucas, “il n’y a que deux effets de ces lois brutales et répressives : plus de thune dans la poche des passeurs, parce qu’ils indexent leurs tarifs sur les difficultés à passer les frontières, et plus de morts en Méditerranée et dans les Alpes.

Les gens qui ont traversé le monde pour venir ne regardent pas la chaîne parlementaire pour savoir si on va maintenir ou non l’AME. Ils viennent parce qu’ils n’ont plus que ça, parce que c’est l’énergie du désespoir qui les pousse à s’arracher à leur terre. 

Benjamin Lucas

Après les 49.3, nouveau “coup de Trafalgar” : la CMP. “La démocratie c’est chercher un consentement : celui des corps intermédiaires, celui du Parlement, ou celui des citoyens de façon directe” rappelle Benjamin Lucas, déclarant “on a là un gouvernement qui assume, sur un certain nombre de textes, de ne même pas faire semblant de chercher le consentement.” En attendant, Benjamin Lucas le dit clairement : “j’assume parfaitement d’épargner au pays 15 jours de débats racistes à l’Assemblée Nationale.”

Elle est où la République quand on laisse des gens croupir dans la boue à Calais ? Elle est où la République quand on traque dans la montagne à Briançon des gens qui ont déjà traversé la moitié du monde pour venir survivre ici ? La République, ce n’est pas juste des mots, ce n’est pas une incantation, ça doit être une promesse dans la vie quotidienne de chacun.e, quelle que soit sa nationalité, quelle que soit son origine

Benjamin Lucas

La CMP a été prévue à huis-clos, mais rien n’interdit qu’elle soit diffusée. Le député a donc demandé qu’elle soit retransmise en direct. Il glisse, d’un ton moqueur “peut-être serai-je encore sanctionné” C’est que depuis le vote de la motion de rejet, les sanctions pleuvent chez les députés de gauche, dont Benjamin Lucas, toujours sans explication de ce qui lui est reproché, et sans recours.

On est quand même dans un curieux régime. Ce n’est plus le bureau de l’Assemblée Nationale, c’est un conseil de discipline pour collégiens. Il n’y a jamais eu autant de sanctions prononcées par une présidence de l’Assemblée Nationale. 

Benjamin Lucas

Cette infantilisation dépasse l’Assemblée : elle gangrène le rapport entre le pouvoir et le peuple : “On est un peuple beaucoup plus politisé et mature que ce qu’on essaie de nous faire croire.” Rappelant que le gouvernement a pris l’habitude de dire “faire de la pédagogie”, Benjamin Lucas lance “on n’est pas des gosses, on est des citoyens, on est un peuple libre, éclairé.

L’extrême-droite parle de grand remplacement : c’est une théorie xénophobe, raciste, qui conduit aux pires atrocités à travers le monde. Il y a un grand remplacement qui est à l’oeuvre, c’est le grand remplacement néolibéral […] C’est le grand remplacement de la devise républicaine “liberté égalité fraternité” par les discriminations, les contrôles au faciès, la haine de l’autre… C’est ça le bilan de décennies de néolibéralisme. C’est de ça que se nourrit l’extrême-droite nationaliste.

Benjamin Lucas

Sur la question de l’immigration pourtant, ce peuple libre apparaît bien matrixé par l’extrême-droite. Face à elle, une gauche désunie. En tout cas, quand Benjamin Lucas se présente comme député de la NUPES, il ajoute “s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là”.

La gauche a eu la trouille d’être humaniste, parce qu’on a eu l’impression que pour résister à la montée lepéniste il fallait épouser un peu ses thèses. C’est Michel Rocard qui dit “la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais elle doit en prendre sa juste part”. Je ne sais pas ce que c’est que la juste part de la misère du monde. On ne traite pas les questions humaines avec des tableaux Excel, on les traite avec des principes.

Benjamin Lucas

« Il n’y a pas d’explosion, il n’y a pas de menace de “submersion migratoire”, l’essentiel des migrations se fait entre pays du Sud, rien n’a jamais démontré nulle part qu’une politique plus inclusive entraînait ce qu’ils appellent “l’appel d’air”, et malgré ça, on fait peur aux gens depuis 40 ans avec l’immigration, alors que nous sommes un pays d’immigration depuis deux siècles » résume Benjamin Lucas.“Je ne crois pas qu’il y ait un problème d’immigration. Je crois qu’il y a une crise de l’accueil” résume Benjamin Lucas, qui s’est refusé à contre-attaquer l’argument économique de la droite lors de son discours, arguant qu’il voudrait que “l’immigration nous coûte beaucoup plus cher“. 

Je suis pour un grand service public de l’inclusion, avec des moyens supplémentaires, pour apprendre le Français, pour les hébergements d’urgence, pour faciliter l’accès aux aides. Peut-être que si on va taper un peu plus sur les immigrés fiscaux qui truandent l’argent de l’Etat on pourra aider un peu plus les immigrés non fiscaux qui ont fui la guerre.

Benjamin Lucas

“Je suis contre le fait qu’on fasse des exilés des variables d’ajustement économique” déclare Benjamin Lucas. Mais même en allant sur ce terrain, “comment finance-t-on les retraites sans immigration ? Le programme de Le Pen, c’est la retraite à 70 ans, si on expulse demain toutes celles et ceux qui font tourner notre économie” explique le député.

Quand David Dufresne, taquin, lui demande s’il pourrait filmer la CMP en douce, pour Au Poste, le député décline poliment “Je suis assez respectueux des règles de l’Assemblée.” 

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