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Abolir la police: comment, qui, pour qui, pourquoi & quand?

Clara et Julie, du collectif Matsuda, auteur du livre «Abolir la police: échos des Etats-Unis», étaient #AuPoste ce matin. Avec elles, on a examiné comment, à partir du meurtre de George Flyod, le mouvement abolitionniste a (re)pris de la vigueur outre-Atlantique: quand il ne s’agit plus de dénoncer les dérives de l’institution policière, mais de questionner son existence même. Elles ont expliqué comment, selon elle, vivre sans police, et avec une justice transformatrice, pourrait être possible. Et comment?

Le tchat fut enflammé comme jamais. Un sacré débat, de deux heures denses, où il était aussi question de «réforme impossible», de police-partout jusque dans le champ culturel, et des passerelles (pas toujours évidentes) entre les situations en France et aux Etats-Unis. A revoir dès maintenant.

La critique de la police se scinde traditionnellement en deux catégories : la critique réformiste et la critique abolitionniste. Si cette dernière est très minoritaire en France, où elle reste cantonnée à des écrits, elle retrouve un écho notable aux États-Unis et se fait entendre dans les soulèvements survenus après le meurtre de George Floyd par la main d’un policier en exercice. 

Défaire la police, c’est défaire sa prétention à faire tranquillement partie du paysage.

Collectif Matsuda

Le collectif Matsuda se compose de six militantes et militants, réunis autour de l’écriture des ouvrages « Défaire la police » et « Abolir la police » parus en 2021. Il a pour vocation d’amener en France les idées abolitionnistes développées aux États-Unis et de les inscrire dans notre contexte culturel et politique, afin d’ouvrir nos propres réflexions. Si elle paraît « naturelle » de nos jours, la police moderne a une histoire, une raison d’être et d’apparaître dans le contexte du racisme systémique qui sous-tend l’esclavage aux États-Unis et la colonisation en France.

Il s’agit de dissoudre tout corps spécialisé dans la fonction de sécurité et de mettre en œuvre les moyens collectifs d’assurer la protection des personnes et des communautés par des mécanismes qui ne reproduisent pas la violence et l’enfermement.

Collectif Matsuda

L’abolitionnisme cherche d’abord à « déboulonner » l’image d’une police idéale, l’idée d’un fonctionnement théoriquement juste et sain des institutions existantes, ce sur quoi reposent les critiques réformistes. D’un côté parce qu’un monde sans police semble tellement éloigné du nôtre, d’un autre parce que les risques de privatisation de la sécurité et de l’ordre public paraissent bien réels, les idées abolitionnistes développées par le collectif bousculent profondément nos conceptions de justice, de défense, d’ordre public, et finalement, de société.

Il nous parait évident que seulement supprimer la police dans ce monde-là, en laissant intacts les rapports de force, notamment économiques, n’a pas de sens. L’abolition de la police est une entrée vers la discussion plus large d’un processus révolutionnaire.

Julie

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